Auteur/autrice : Richard ABITBOL

Georges Bensoussan : “La responsabilité d’une partie de la presse et de l’Éducation nationale est immense”

Georges Bensoussan : “La responsabilité d’une partie de la presse et de l’Éducation nationale est immense”

L’historien Georges Bensoussan coordonnait en 2002, sous le pseudonyme d’Emmanuel Brenner, l’ouvrage collectif “Les territoires perdus de la République”. La violence en milieu scolaire, la propagande islamiste, tout y était. Personne n’a tenu compte des faits rapportés qui ont au contraire fait l’objet d’une contestation massive. Lesquels ressurgissent plus que jamais à l’occasion de l’attentat terroriste contre Samuel Paty, ce vendredi 16 octobre.

Marianne : Votre enquête, publiée il y a dix-huit ans (Les territoires perdus de la République), rééditée au cours des deux décennies, suscite toujours le même dénigrement alors que les attentats se multiplient. Cette omerta a-t-elle conduit à la terreur ?

Georges Bensoussan : Nous nous sommes heurtés très tôt à un double silence. En premier lieu, celui du ministère de l’Éducation nationale qui avait refusé de répondre à nos questions sur la remontée des incidents en milieu scolaire. Là, pour le coup on pouvait parler d’une omerta dans ces milieux proches du PS de l’époque. En second lieu, et ici je nuancerai votre propos, lorsque le livre est sorti en octobre 2002, il n’a pas été « plébiscité par les lecteurs » tout simplement parce qu’il n’eut aucun écho médiatique à l’exception de quelques journalistes (dont Natacha Polony d’ailleurs) et d’Alain Finkielkraut qui d’emblée a défendu l’ouvrage et fut le seul à me donner la parole sur France Culture.

Ce mutisme a commencé à craquer lorsque la cellule scolaire de l’Élysée a pris connaissance du livre et nous a invités à plusieurs reprises à travailler avec elle, comme elle nous a fait auditionner, un collègue et moi-même, fin 2003, par la commission Stasi qui allait déboucher sur la loi sur les « signes religieux » à l’école. Enfin lorsque Jacques Chirac lui-même a utilisé l’expression « territoires perdus de la République », le silence, alors, n’était plus possible.

 
“Après la vague de sidération induite par ce drame, l’émotion s’apaisera après force discours et bombements de torse… jusqu’à la prochaine catastrophe.”

C’est alors qu’a commencé le dénigrement dans une partie de la presse (audio, vidéo, écrite), venu d’une bien-pensance moralisatrice, d’esprit profondément bourgeois et qui me paraît responsable, pour partie, de notre désastre présent. Les tueries à Charlie Hebdo, à l’Hyper Cacher, les massacres du Bataclan et de Nice n’ont guère entamé son pouvoir. Elle continue à dominer une grande partie de cette scène médiatique « mainstream » où l’essentiel est de parler pour ne pas dire. Le dénigrement passe par cette accusation majeure qui vous vaut mort sociale : le racisme. Et son corollaire qui vous fait suppôt de l’extrême droite et du RN. Avec le rappel au passage des « heures les plus sombres de notre histoire », ce qui a le mérite de vous camper sur l’heure en « résistant » d’une guerre imaginaire, d’une Guerre d’Espagne mythique, et d’un combat anticolonialiste jamais terminé. Bref, de vivre par fantasmes interposés, de grandes heures politiques auxquelles vous n’avez pas été mêlés parce que nés « trop tard »…

Après la vague de sidération induite par ce drame, l’émotion s’apaisera après force discours et bombements de torse… jusqu’à la prochaine catastrophe. Pourquoi ? Parce que cette déploration d’après-coup, pour légitime qu’elle soit, est terriblement inefficace. Nous ne sommes pas ici dans l’analyse qui dit et nomme.

Les enseignants, d’après vos contacts, signalaient-ils à leur hiérarchie les menaces dont ils étaient l’objet ? Ou non ? Comment leur solitude s’est-elle aggravée ? Quel est le faisceau des complicités ?

Pour comprendre comment les enseignants se sont retrouvés dans une certaine solitude, il faut connaître le fonctionnement pyramidal de l’Éducation nationale où, généralement, la prime et la promotion vont d’abord aux tièdes, à ceux qui à force de vouloir « nuancer le propos » finissent par le perdre de vue.

“Au même titre que les policiers, les travailleurs sociaux et le personnel médical hospitalier, les enseignants, depuis trente ans, se sont trouvés en première ligne pour affronter la situation d’une partie de l’immigration qui a apporté avec elle, ce qui est naturel, une autre vision du monde, un autre logiciel intellectuel, partant d’autres valeurs…”

Or, oui, des enseignants, nombreux, avaient signalé les incidents. Mais à force de ne pas être suivis, voire d’être considérés parfois comme les responsables premiers de la situation conflictuelle qu’ils dénonçaient, en bref d’avoir « provoqué » des élèves déjà par ailleurs « victimes de tant de discriminations » (autrement dit, d’être des « professeurs maladroits », ce qui revient à ramener un problème politique à une question de savoir-faire pédagogique), beaucoup ont fini par se taire. Il est vrai aussi qu’un chef d’établissement, soucieux de sa carrière, n’a pas intérêt à faire état d’une multiplication d’incidents. Le fonctionnement de l’Éducation nationale lui-même est en cause tant il nourrit le conformisme. Les enseignants courageux, ils sont légion, sont désarmés. Le combat étant par trop inégal, ils finissent par renoncer. Ils s’enferment alors parfois dans le ressentiment et plus encore dans une solitude nourrie fréquemment dans ce milieu par le règne d’une doxa synonyme du plus plat des conformismes.

Au même titre que les policiers, les travailleurs sociaux et le personnel médical hospitalier, les enseignants, depuis trente ans, se sont trouvés en première ligne pour affronter la situation d’une partie de l’immigration qui a apporté avec elle, ce qui est naturel, une autre vision du monde, un autre logiciel intellectuel, partant d’autres valeurs (qui peuvent aussi se perdre à la génération suivante comme dans toute immigration). Or, certaines de ces valeurs et de ces pratiques sont antinomiques de notre société fondée sur la révolution intellectuelle occidentale du XVIIe siècle (le sujet) et des Lumières.

Avec nos logiciels intellectuels anciens, nous n’étions pas armés pour affronter ce monde nouveau généré par l’explosion démographique contemporaine. Élève au collège au début des années soixante, j’apprenais en cours de géographie que nous étions 3 milliards d’êtres humains sur le globe ; aujourd’hui, 7,5 milliards. Un bouleversement dont l’expansion de l’islam est l’une des manifestations, une nouvelle religion sur la scène européenne, et en particulier française puisque la France accueille près de 25 % des musulmans d’Europe.

Venu de la gauche, vous rêviez d’une société fraternelle, rationnelle, émancipée. L’avons-nous définitivement perdue ? Comment se battre, la mort en face ?

La doxa a repris en chœur la notion d’« islam politique » alors que l’Islam, pris au sens littéral, demeure au premier chef un code juridique et politique (même s’il existe, minoritaire, un islam non politique, et même si l’islam connut maintes tentatives de réforme). Alors que l’islam est une praxis qui englobe la vie du croyant du matin au soir et du berceau à la tombe. Or, nous appliquons un même mot, religion, au christianisme et à l’islam en oubliant l’analyse de Marcel Gauchet (Le Désenchantement du monde, 1985) sur le christianisme, cette « religion de la sortie de la religion » quand l’islam, nous dit Gauchet, est « le dernier venu des monothéismes et se pense comme la clôture de l’invention monothéiste » (Le Monde, 21 novembre 2015).

“La doxa a repris en chœur la notion d’« islam politique » alors que l’Islam, pris au sens littéral, demeure au premier chef un code juridique et politique.”

C’est pourquoi, il faut continuer à interroger les spécialistes de la civilisation arabe et de l’Islam, comme en son temps l’agrégée d’arabe Anne-Marie Delcambre qui écrivait dans L’Islam des interdits (Desclée de Brouwer, 2003) : « L’intégrisme n’est pas la maladie de l’Islam. Il est l’intégralité de l’Islam. Il en est la lecture littérale, globale et totale de ses textes fondateurs. »

En France, ce processus de communautarisation, dont l’islamisme est une forme radicale, a abouti au Bataclan comme à d’autres scènes d’horreur jusqu’à celle de Conflans-Sainte-Honorine le 16 octobre 2020. Or, ce processus d’islamisation a été censuré et occulté. L’expression même sentait le soufre. Synonyme de ces fameux « dérapages » qui ruinent une carrière.

C’est pourquoi, la responsabilité de la doxa médiatico-culturelle est ici immense, à commencer par ces médias qui n’ouvrent généralement que sur un entre-soi culturel et social caractéristique de l’endogamie bourgeoise. Je vous donnerai un exemple récent de ce silence mortifère qui empêche d’entendre la situation présente et nourrit des réactions d’effarement quand survient ce qui s’est passé à Conflans. L’ouvrage Histoire de l’islamisation française 1979–2019, paru aux éditions de l’Artilleur en 2019, a été enterré par le silence à quelques exceptions près (Franz-Olivier Giesbert entre autres). Dans certaines librairies parisiennes par exemple, cet ouvrage comme tous ceux d’ailleurs de cette maison d’édition relevant de la « fachosphère » aux yeux de nos nouveaux « résistants », sont quasiment « indisponibles ».

Cette censure de la vie culturelle, ce rétrécissement du débat public, cette judiciarisation de la confrontation des idées, cette criminalisation des désaccords, enfin la timidité lâche à nommer l’adversaire ont conduit à ce manichéisme simplet des bons sentiments qui à beaucoup tient lieu de réflexion : bon/mauvais, juste/injuste, bien/mal, etc.

“L’étrange défaite” écrivait Marc Bloch en 1941 quand il tentait d’en analyser les soubassements. On pourrait dire la même chose aujourd’hui : comment en sommes-nous arrivés là ? Outre les milieux islamistes que l’on n’a pas su bloquer dès les années 1990, qui a permis l’emprise actuelle de l’islamisme dans cette partie de la jeunesse d’origine musulmane pour qui « la charia est supérieure aux lois de la République » ? Qui a laissé la peur envahir l’opinion dès que l’on aborde ces questions ?

Je vous livre un souvenir personnel relatif à ce totalitarisme de la bien pensance qui s’emploie à faire taire. En 2015, j’étais convoqué devant le Centre national des lettres qui accordait une petite subvention à la revue dont j’étais responsable au Mémorial de la Shoah. Certains intellectuels en effet, restés anonymes évidemment, s’étaient émus des mots que j’utilisais sur la quatrième de couverture d’un numéro de la revue qu’avec Yves Ternon et Claire Mouradian, nous avions consacré au centenaire du génocide des Arméniens. J’y avais parlé en effet d’un « islam conquérant ». Ces deux mots avaient fait bondir les chevaliers du Bien. Dignes « enfants de Vichy » comme le disait René Char en 1962 des ennemis de Camus, ces héros eurent tôt fait de me dénoncer au CNL. D’où la convocation.

“Les islamistes, dont la visée n’est pas seulement de se séparer de nous mais de détruire notre univers culturel, sont servis par le poids du nombre conjugué à la lâcheté des uns comme à la stupidité d’un certain « gauchisme culturel ».”

Après les assassinats perpétrés à Charlie Hebdo, en dépit des quatre millions de « Je suis Charlie » du 11 janvier 2015, plus personne ne s’est avisé de reproduire les caricatures, sauf Charlie Hebdo lui-même à l’ouverture du procès en septembre dernier. La pièce de Charb tirée de son texte sur les « escrocs de l’islamophobie » a été maintes fois déprogrammée, et je passe sur les interdits de parole de tel ou tel, sur les conférences annulées et les pièces de théâtre censurées. Les islamistes, dont la visée n’est pas seulement de se séparer de nous mais de détruire notre univers culturel, sont servis par le poids du nombre conjugué à la lâcheté des uns comme à la stupidité d’un certain « gauchisme culturel ».

D’un autre côté, par calcul économique égoïste, en quarante ans et depuis ses quartiers chics et protégés de Paris, la bourgeoisie d’affaires a aidé à constituer cette masse de manœuvre d’un prolétariat étranger à bas coût qui a tiré les salaires vers le bas et plongé dans le désarroi social et culturel les classes populaires françaises.

Alors, un combat définitivement perdu ?

Oui, si nous ne prenons pas la liberté de changer la loi, en particulier celles qui nourrissent les tribunaux et interdisent de parole au nom d’une lutte dévoyée contre « le racisme ». Qu’on s’entende : le racisme sous toutes ses formes doit être combattu, a fortiori quand il appelle à la ségrégation et à la violence. En revanche, la judiciarisation systématique de la confrontation d’idées comme c’est souvent le cas aujourd’hui ruine l’esprit démocratique du débat. Oui, le combat est perdu s’il n’y a pas réforme de certaines institutions publiques. Si nous n’imposons pas un véritable pluralisme des idées et des intellectuels dans les médias financés par l’argent public. Enfin, il n’y a de combat définitivement perdu que lorsque l’on renonce à se mettre en danger. Le chœur des pleureuses mobilisé après la décapitation de ce malheureux professeur d’histoire met un malaise. D’une part, parce que la déploration est un discours de vaincus. D’autre part, et surtout, parce que comme Bossuet l’exprimait magnifiquement dans ce sermon de 1662 : « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets des maux dont ils chérissent les causes. »

“L’ingrédient numéro un du combat, c’est le courage.”

Seul le manque de courage signe un combat perdu. Nommer l’adversaire est le premier pas dans la lutte à entreprendre même si je crains qu’en France, à l’instar d’autres situations historiques, la lâcheté demeure le parti dominant. C’est ainsi que depuis la tuerie de l’Hyper Cacher, on a condamné tous azimuts l’antisémitisme sans jamais nommer les antisémites. Je me souviens de cette belle enquête du journal Le Monde en novembre 2017 qui consacrait deux pages passionnantes à « l’antisémitisme des cités ». Mais au terme de cette lecture, on ne savait toujours rien des agresseurs. Parce qu’il ne fallait pas « alimenter l’extrême droite », le « fascisme rampant », concourir aux « idées nauséabondes » et « stigmatiser les musulmans ».

L’ingrédient numéro un du combat, c’est le courage. Qu’il vienne à manquer, et vous pourrez multiplier déclarations martiales, condamnations indignées, et discours beaux comme l’antique ( « la République n’admettra pas », « la barbarie ne passera pas », « toucher à un Juif (variante : à un enseignant, à un policier, etc…), c’est toucher à la France »), la défaite en rase campagne reste l’horizon promis au bout du chemin.

“S’attaquer à l’islamisme sans questionner une immigration mal intégrée (et non l’immigration en soi) relève d’une forme de tartufferie.”

Tant que la loi n’aura pas été modifiée, tant que la machine judiciaire s’appuiera sur des lois liberticides censées jadis nous protéger et qui dialectiquement, aujourd’hui, nous soumettent à l’essentialisme victimaire des « indigénistes » qui réduit l’individu à sa naissance et à sa couleur de peau, nous ne pourrons pas nous défendre. Tant que le débat public en France se fera à l’ombre de la 17e chambre correctionnelle (car c’est de cela que certains parents menaçaient l’enseignant décapité quelques jours plus tard), on pourra dire que les islamistes ont partie gagnée.

Mais s’attaquer à l’islamisme sans questionner une immigration mal intégrée (et non l’immigration en soi) relève d’une forme de tartufferie. Quand dans quelques catégories de population, par défaut d’intégration (mise à l’écart, manifestations de racisme), la frustration et le ressentiment social se sont enkystés, et avec eux le sentiment d’échec et d’humiliation, la « réislamisation » fonctionne comme une fierté retrouvée. Avec souvent, à la clé, hélas, la résurgence mais en plus violent, d’un antisémitisme culturel répandu.

En 1981, le PCF avait mis en garde contre les conséquences sociales et culturelles pour tous les travailleurs, français et immigrés, d’une immigration favorisée par le patronat. Vilipendé pour « racisme », il fut accablé par les diatribes de moralistes chevronnés, spécialistes es « tolérance » et qui ne partagent généralement pas les mêmes situations de vie (quid du taux de logement social en Seine-Saint-Denis, dans le XXe et le VIIe arrondissement de Paris ?).

“Quand dans quelques catégories de population, par défaut d’intégration (mise à l’écart, manifestations de racisme), la frustration et le ressentiment social se sont enkystés, et avec eux le sentiment d’échec et d’humiliation, la « réislamisation » fonctionne comme une fierté retrouvée.”

Les hommes ne sont pas des abstractions économiques, ou biologiques, des feuilles blanches, ce sont des êtres de parole et de culture qui se déplacent avec leur monde et leur imaginaire. Or, il arrive un moment où, par l’effet du nombre, cet imaginaire et ses valeurs entrent en contradiction avec les nôtres. C’est le choc des cultures dont parlait Hugues Lagrange il y a dix ans. Vilipendé aussitôt par la doxa du « gauchisme culturel ». Comme Paul Yonnet peu avant lui. Et tant d’autres condamnés à se taire à la fois par cet antiracisme dévoyé en outil terroriste, comme aussi par ce fameux « devoir de mémoire » qui, de « cause sacrée », est devenu ce que Pierre Nora appelait récemment (Le Débat, mai 2020) « une routine ».

Voilà quelques-uns des éléments du terreau générateur du drame passé et des drames à venir. Faisons du mot de Bossuet une règle de conduite : nous ne pouvons plus défendre ni certaines lois, ni certaines pratiques judiciaires, ni la censure médiatique sur argent public, ni une immigration qui nourrit par le désarroi et les difficultés réelles de l’intégration un extrémisme religieux vécu comme un refuge, une revanche et une compensation au malheur et aux déconvenues de l’exil.

Le BNVCA lance un appel à la Solidarité avec St Martin de Vésubie, Ville de Justes

Si vous ne visualisez pas correctement l’e-mail, cliquez ici

 

 

66, rue Laugier 75017 Paris

 

Le Président

Sammy Ghozlan

01 77 38 49 44

 

Le BNVCA lance un appel à la Solidarité avec St Martin de Vésubie, Ville de Justes

 

 

 

Le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme, (BNVCA) lance un appel à tous pour venir en aide à St Martin de Vésubie, ville dévastée, meurtrie et endeuillée par le déchaînement climatique. Le BNVCA n’oublie pas le courage et la solidarité qui ont permis à des centaines de juifs réfugiés d’être sauvés pendant la guerre, à St Martin de Vésubie.  

Grâce à une exemplaire résistance républicaine, St Martin de Vésubie a servi de ville d’accueil  à 1200 juifs étrangers, pourchassés entre 1942 et 1943 leur permettant de bénéficier d’un « havre de paix » dans cette région aux mains de l’Italie durant cette période. La population fut de la plus totale discrétion, vitale pour ces personnes  juives aux abois. Durant six mois, les juifs de St Martin de Vésubie ont pu vivre, être logés et nourris par un réseau étroit de coopération entre le Joint, des responsables juifs, les scouts, l’Ort et l‘extraordinaire population de St Martin de Vésubie.  La population locale très appauvrie par la guerre a  su développer une solidarité et même une amitié exceptionnelle avec ces étrangers dont une grande majorité ne parlaient que le yiddish

Le 3 septembre, lorsque les allemands ont repris le contrôle de cette région, grâce à une alerte transmise à chaque maison,  fut organisé le 8 septembre un départ précipité par l’extrême urgence.  Pour gagner l’Italie, une grande marche, traversant les crêtes du Mercantour, a permis à deux tiers des réfugiés  d’échapper  aux nazis. Certains trop faibles, trop âgés ou avec des problèmes cardiaques sont morts durant cette marche. Certains n’ont pu partir et furent arrêtés et déportés. Mais ce sont plus de huit cents juifs qui ont été sauvés par les mille si six cents habitants de St Martin de Vésubie

Le BNVCA n’oublie pas et veut témoigner toute sa gratitude en appelant à une mobilisation forte et nécessaire pour venir au secours d’une ville frappée par le malheur.

Au nom de ce passé exemplaire de générosité, soyons à l’unisson, pour reconstruire l’avenir.

Envoyez vos dons à  BNVCA – Opération Solidarité avec St Martin de Vésubie (reçu Cerfa)

100% des dons seront reversés au Maire de St Martin de Vésubie

Par chèque BNVCA – Solidarité St Martin de Vésubie 66, rue Laugier 75017 Paris     ou

sur le site  bnvca.org   ( Cliquer Appel aux dons  https://www.bnvca.org/faire-un-don/)

 

Le Président

Sammy Ghozlan

 

 

 

 

Liens:

1. https://www.bnvca.org/2020/10/le-bnvca-lance-un-appel-a-la-solidarite-avec-st-martin-de-vesubie-ville-de-justes/

 

2. https://www.persee.fr/doc/camed_0395-9317_1983_num_26_1_945

3. https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/histoire-des-migrants-24-1943-saint-martin-vesubie-lhistoire-dun

 

 

Kol touv, ‘Hag samea’h!   

Evelyne Gougenheim

 

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Etudiant agressé à Hambourg : enquête pour «tentative de meurtre» antisémite

Photo de la synagogue « Hohe Weide» à Hambourg, dans le nord de l’Allemagne, le 5 octobre 2020, un jour après une attaque contre un étudiant juif. MORRIS MAC MATZEN / AFP

La victime, âgée de 26 ans, a été attaquée à coups de pelle portés à la tête au moment où elle s’apprêtait à entrer dans l’enceinte de la synagogue.

Une enquête pour «tentative de meurtre» antisémite a été ouverte après qu’un étudiant juif a été grièvement blessé lors d’une agression devant une synagogue de Hambourg, a annoncé lundi 5 octobre la police. Cette agression est intervenue près d’un an après une attaque visant, le jour de la fête de Yom Kippour, la synagogue de Halle (Saxe-Anhalt) au cours de laquelle deux personnes avaient été tuées.

La victime, âgée de 26 ans, a été attaquée à coups de pelle portés à la tête au moment où elle s’apprêtait à entrer dans l’enceinte de la synagogue à l’intérieur de laquelle se déroulait dimanche après-midi la fête de Succot, également connue sous le nom de «fête des cabanes». Selon des médias allemands, la synagogue était remplie de fidèles.

Les enquêteurs ont notamment trouvé un document comportant une croix gammée dans une poche de l’auteur présumé de l’attaque, âgé de 29 ans et vêtu d’un uniforme de l’armée allemande, a précisé dans un communiqué la police de Hambourg. «L’évaluation des circonstances (de l’agression) conduit à une attaque à motivation antisémite», a annoncé lundi la police.

Le parquet fédéral, chargé des affaires les plus sensibles, va piloter l’enquête ouverte pour «tentative de meurtre à caractère antisémite». Dans un pays hanté par son passé, les autorités s’inquiètent d’une résurgence de l’antisémitisme ces derniers temps, alimentée notamment par l’extrême droite.

Source : Etudiant agressé à Hambourg : enquête pour «tentative de meurtre» antisémite

IL FAUT PROTÉGER LES FRANÇAIS

 

Le BNVCA, en colère et très choqué, condamne vivement l’attentat terroriste commis ce jour dans le 11ème arrondissement de Paris à proximité des anciens locaux de Charlie Hebdo. Cette nouvelle attaque à l’arme blanche a fait quatre blessés dont deux graves. 

Cet arrondissement a été fortement marqué par le terrorisme islamiste qui a frappé aussi les juifs de plein fouet dans les personnes de Ilan Halimi, Sarah Halimi, Mireille Knoll… Nous craignons que, vu le mode opératoire, l’arme blanche, l’endroit et la concomitance avec le procès en cours, nous ne découvrions que les auteurs sont des individus radicalisés.

Après la réédition des caricatures par Charlie Hebdo, Al Qaïda avait lancé de nouvelles menaces. Un journaliste de France 24, Wassim Nasr, avait aussitôt averti que les menaces d’Al Qaïda doivent être prises au sérieux. 

Nous saluons l’action des policiers qui ont interpellé les 2 assaillants. Nous attendons les résultats de l’enquête. A l’heure où la question de la libération des djihadistes est envisagée, à l’heure où des français partis combattre en Syrie ou ailleurs demandent à revenir, une certitude s’impose : il faut protéger les Français.

Nous invitons les autorités à n’accorder aucune confiance, aucune indulgence aux djihadistes.  Nous leur demandons de ne faire preuve d’aucune faiblesse face à ces compatriotes radicalisés, disciples des forces islamo-terroristes. Ils font peser sur la France une menace dangereuse. 

Le BNVCA se constituera partie civile à l’audience.  

Le BNVCA témoigne sa solidarité aux victimes et leur souhaite un prompt et complet rétablissement. 

 

Brexit: Boris Johnson prend le risque d’un «no deal»

DÉCRYPTAGE – À deux semaines de l’échéance qu’il avait fixée, Boris Johnson n’a pas retiré son projet de loi sur le marché intérieur, malgré l’ultimatum de l’Union européenne qui expirait mercredi.

On ne voit pas le bout, ni même l’entrée, de ce fameux «tunnel de négociation» dans lequel on rentre à Bruxelles quand la marche vers un accord paraît possible. «Pour entrer dans un tunnel, il faut avoir de la lumière au bout. On n’y est pas encore», confiait mardi le négociateur européen Michel Barnier, alors que débutait un neuvième cycle de discussions. À deux semaines de l’échéance fixée par Boris Johnson pour parvenir à s’entendre, la pénombre entoure toujours les discussions sur la future relation commerciale entre le Royaume-Uni et l’UE.

Si l’obscurité est si épaisse, c’est qu’un sérieux nuage continue à assombrir le tableau. Il est venu du Royaume-Uni, avec cette fameuse «loi sur le marché intérieur» qui malmène le sacro-saint protocole nord-irlandais, et traite avec désinvolture l’accord de retrait signé l’année dernière. Et se joue donc du droit international. Malgré la crise provoquée par cette dernière botte juridique de «BoJo», le gouvernement britannique se refuse toujours à faire machine arrière. À Westminster, le texte continue son parcours. Après avoir été adopté en troisième lecture aux Communes, il doit gagner la Chambre des lords. Boris Johnson a, pour l’heure, réussi à désamorcer la fronde qui couvait au sein de son propre parti, en concédant aux parlementaires un droit de veto sur les dispositions contestées. Les Britanniques s’évertuent à minimiser la portée de la loi, le ministre chargé du Brexit, Michael Gove, ayant encore fait valoir lundi qu’il s’agit d’un simple «filet de sécurité», n’ayant pas vocation à être utilisé. «Le seul filet de sécurité, c’est la confiance», a répliqué Michel Barnier.

Erreur stratégique

Bruxelles a menacé le gouvernement britannique de porter l’affaire en justice, si le projet de loi n’était pas nettoyé de ces dispositions les plus problématiques. L’ultimatum des Européens a expiré ce mercredi soir, et ceux-ci entendent bien mettre leur menace à exécution. Le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic, qui supervise les négociations, a assuré que Bruxelles «ne sera pas timide» pour engager des poursuites. Certes, il ne s’agit à ce stade que d’un projet de loi et non d’un texte promulgué, mais la Commission pourrait faire valoir que Londres, en mettant ce texte sur la table, a violé l’«obligation de bonne foi» imposée aux deux parties dans la mise en œuvre de l’accord de retrait. La Commission pourrait envoyer une lettre de mise en demeure au gouvernement britannique en début de semaine prochaine, première étape avant un recours devant la Cour de justice de l’UE. Alors que le Conseil européen qui débute complique le calendrier de la Commission sur cette question, Michel Barnier pourrait faire une piqûre de rappel aux Britanniques dans le communiqué qu’il publiera vendredi, à l’issue du round de négociations.

C’est une campagne bulldozer menée alors que la fin de partie approche, mais elle fait pschitt.

Une source européenne

Tandis que les juristes de la Commission réfléchissent encore à la meilleure riposte, beaucoup estiment que Johnson a fait une vraie erreur stratégique avec ce texte de loi. «C’est une campagne bulldozer menée alors que la fin de partie approche, mais elle fait pschitt», se félicite une source européenne. En effet, non seulement les Vingt-Sept – et avec eux le Parlement européen – ont serré les rangs et campé sur leurs positions sans perdre leur sang-froid, mais les Britanniques ont perdu dans l’affaire une partie de leur réputation au plan international. Un dégât collatéral fâcheux alors que, sortant du giron de l’UE, ils doivent coûte que coûte négocier des accords commerciaux. «Joe Biden et Nancy Pelosi nous ont vraiment beaucoup aidés», souffle un fonctionnaire européen, faisant allusion aux avertissements secs venus de Washington. Le candidat démocrate à la Maison-Blanche comme la présidente démocrate de la Chambre des représentants ont averti qu’il n’y aurait pas d’accord commercial entre les États-Unis et le Royaume-Uni si l’accord du Vendredi saint, qui a apporté la paix en Irlande du Nord, devenait une victime du Brexit. «Johnson est dans un cul-de-sac», résume Jean-Claude Piris, l’ex-jurisconsulte du Conseil.

S’il n’y avait pas la contrainte du temps et ce maudit compte à rebours, on se réjouirait presque à Bruxelles des déboires actuels de Boris Johnson. Il faut dire qu’après un été de négociations stériles, le premier ministre britannique n’a pas ménagé les Européens depuis la rentrée de septembre, multipliant les tentatives de déstabilisation, pour leur arracher des concessions sur l’accord de libre-échange ou les amener à rompre les négociations commerciales pour qu’ils portent la responsabilité de l’échec. Avant cette loi explosive, il y a eu ces rumeurs – infondées – sur la mise à l’écart imminente de Michel Barnier, ou encore ces informations anxiogènes et erronées concernant un blocus des produits alimentaires en Irlande du Nord.

À l’issue d’une réunion avec Michael Gove lundi, Maros Sefcovic a exclu que la torpille sur les discussions commerciales soit tirée de Bruxelles: «Jamais ce ne sera l’UE qui provoquera la fin des négociations sur le futur partenariat.» Il reste à savoir jusqu’où Boris Johnson, qui semble malgré tout souhaiter un accord, est prêt à rétropédaler. Pour se ménager de la souplesse, Londres a en tout cas ralenti le rythme du cheminement de la loi entre les Communes et les Lords, ce qui permettrait de l’amender jusqu’aux derniers jours de l’année…

À trois mois de la fin de la période de transition, les Vingt-Sept sont totalement dans le brouillard.

Si le vent a tourné et s’ils ont engrangé des points dans le rapport de force des dernières semaines, les Européens restent toutefois suspendus au bon vouloir des Britanniques, pour ce qui est la négociation commerciale. À trois mois de la fin de la période de transition, les Vingt-Sept sont totalement dans le brouillard. Le round de discussions qui a débuté mardi sera crucial. Mais, à Bruxelles, où l’on espère toujours un accord pour la fin octobre, on ne s’attend pas forcément à des mouvements de la part des Britanniques sur les deux sujets qui bloquent – les règles du jeu équitables et la pêche – dès cette semaine. Les Européens estiment avoir fait leur part du chemin, en acceptant notamment un compromis qui limiterait l’accès des Européens aux eaux britanniques.

Comme il le fait au début de chaque round de négociations, Michel Barnier a encore rappelé mardi à son homologue britannique David Frost, qu’il n’y aurait pas d’accord commercial s’il n’y avait pas préalablement un accord sur la pêche. Dans ce domaine, les enjeux sont plus symboliques qu’économiques. Cela ne les rend pas moins importants.

Source : Brexit: Boris Johnson prend le risque d’un «no deal»

We must protect the French

La BNVCA, en colère et très choquée, condamne fermement l’attentat terroriste commis aujourd’hui dans le 11ème arrondissement de Paris à proximité des anciens bureaux de Charlie Hebdo. La nouvelle attaque au couteau a fait quatre blessés, dont deux grièvement. Ce bourg a été fortement marqué par le terrorisme islamiste qui a également frappé durement les juifs chez les habitants d’Ilan Halimi, Sarah Halimi, Mireille Knoll … Nous sommes préoccupés par le procès, nous découvrirons que les auteurs sont des individus radicalisés. Après que Charlie Hebdo ait réimprimé les caricatures, Al-Qaïda a lancé de nouvelles menaces. Un journaliste de France 24, Wassim Nasr, a immédiatement averti que les menaces d’Al-Qaïda devaient être prises au sérieux. Nous saluons l’action des policiers qui ont arrêté les deux assaillants. Nous attendons les résultats de l’enquête. A l’heure où la question de la libération des jihadistes est envisagée, à l’heure où les Français partis combattre en Syrie ou ailleurs demandent à rentrer, une certitude s’impose: les Français doivent être protégés. Nous appelons les autorités à ne donner ni confiance ni indulgence aux djihadistes. Nous leur demandons de ne montrer aucune faiblesse face à ces compatriotes radicalisés, partisans des forces islamo-terroristes. Ils constituent une menace dangereuse pour la France. La BNVCA formera une partie civile lors de l’audience. La BNVCA montre sa solidarité avec les victimes et leur souhaite un prompt et complet rétablissement.

Terrorisme islamiste: «Assez d’hypocrisie»

L’éditorial du Figaro, par Yves Thréard.

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Apprendre à vivre avec… Aussi longtemps qu’une parade ne sera pas trouvée, l’expression peut à la rigueur être de mise à l’heure du coronavirus. Jamais elle ne doit le devenir face au terrorisme islamiste. Elle traduirait une impuissance, synonyme de lâcheté ; trahirait un fatalisme qui vaudrait renoncement.

La nouvelle attaque conduite vendredi à Paris devant les anciens locaux de Charlie Hebdo est, bien sûr, chargée de symboles au moment du procès des attentats de janvier 2015. Mais peu importe le lieu ou la date. Depuis huit ans et les assassinats de Mohamed Merah, en 2012, la France vit avec cette menace quotidienne qui a fait plus de 250 morts. Peut-on s’habituer, doit-on accepter? Chaque fois que l’ennemi frappe, la même intransigeance est pourtant avancée.

Certes, la lutte contre le terrorisme est longue, délicate, protéiforme. Les forces de sécurité ont réalisé des progrès incontestables pour démanteler des réseaux, éviter des tragédies. Mais après? Entre 2019 et 2020, quelque 70 activistes islamistes sont sortis de prison. Ils seront une soixantaine l’année prochaine. Les enquêtes le montrent: une fois libérés, ils continuent à cracher leur haine de la France et à mener leur œuvre de propagande auprès d’individus faciles à convertir. Islamiste un jour, islamiste toujours? Il est urgent de revoir le suivi judiciaire de ceux qui diffusent le poison.

La guerre contre le terrorisme va de pair avec le combat contre l’islamisme. Cette idéologie obscurantiste qui se diffuse dans tous les replis de la société et qu’une partie des responsables politiques de gauche refusent de condamner quand ils ne l’encouragent pas. Pas d’amalgame, disent-ils. Dénoncer le terrorisme sans réprouver les effets ravageurs de l’islamisme relève d’une hypocrisie sans nom.

L’attaque d’hier intervient quelques jours avant le discours d’Emmanuel Macron, le 2 octobre, sur ce qu’il nomme les «séparatismes». Osera-t-il enfin faire sauter les tabous pour voir la réalité en face?

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Source : Terrorisme islamiste: «Assez d’hypocrisie»

Au Liban, le premier ministre désigné renonce à former un nouveau gouvernement

Le nouveau gouvernement doit remplacer celui qui a démissionné après la gigantesque explosion meurtrière au port de Beyrouth, le 4 août.

Le premier ministre libanais désigné a annoncé samedi renoncer à former un nouveau gouvernement pour remplacer celui qui a démissionné après la gigantesque explosion meurtrière au port de Beyrouth le 4 août.

« Je m’excuse de ne pas pouvoir poursuivre la tâche de former le gouvernement », a déclaré Mustapha Adib lors d’une allocution télévisée, après de longues négociations pour choisir une équipe gouvernementale approuvée par les différentes forces politiques rivales du pays.

Le gouvernement libanais a démissionné à la suite de l’explosion dévastatrice au port de Beyrouth qui a fait plus de 190 morts et plus de 6 500 blessés, le 4 août , tout en ravageant des quartiers entiers de la capitale. M. Adib, nommé le 31 août, est sous pression pour former un gouvernement au plus vite, de façon à lancer les réformes réclamées par la communauté internationale pour débloquer des milliards de dollars d’aide.

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Divergences sur l’attribution des portefeuilles ministériels

Les partis politiques libanais s’étaient engagés au début de septembre, lors de la visite du président français, Emmanuel Macron, à former un cabinet « de mission » composé de ministres « compétents » et « indépendants » dans un délai de deux semaines pour sortir le pays du marasme économique. Mais le processus piétine, dans ce pays où le pouvoir est partagé entre les différentes communautés religieuses, en raison de divergences sur l’attribution des portefeuilles ministériels.

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Les efforts de M. Adib ont notamment été entravés par deux formations chiites, le Hezbollah, poids lourd de la politique libanaise, et son allié Amal, dirigé par le chef du Parlement, Nabih Berri, qui réclament le portefeuille des finances. Selon des observateurs, l’obstination du tandem chiite est liée aux récentes sanctions américaines contre un ministre du parti Amal et deux compagnies affiliées au Hezbollah.

L’Elysée, qui a multiplié les contacts téléphoniques avec Beyrouth ces dernières semaines, ne cache pas son irritation. « C’est une trahison collective des partis libanais, estime-t-on dans l’entourage d’Emmanuel Macron. Il est indispensable d’avoir un gouvernement capable de recevoir l’aide internationale, donc la France ne lâchera pas le Liban. » Le chef de l’Etat français doit s’exprimer dimanche soir lors d’une conférence de presse sur la situation politique au Liban, a fait savoir l’Elysée samedi.

Source : ©Au Liban, le premier ministre désigné renonce à former un nouveau gouvernement

Cour suprême : les républicains cimentent leur majorité pour un vote sur la candidate de Trump

Grand critique de Donald Trump, l’opinion de Mitt Romney était très attendue après que deux républicaines modérées ont estimé que la chambre haute du Congrès ne devait pas voter avant le scrutin. L’élu républicain Mitt Romney a annoncé, mardi 22 septembre, qu’il ne s’opposerait pas à un vote au Sénat sur la candidate à la Cour suprême de Donald Trump avant la présidentielle du 3 novembre, consolidant ainsi la majorité du parti pour procéder à ce vote controversé. Si un vote sur la future candidate « arrive dans l’hémicycle du Sénat, je compte voter sur la base de ses qualifications »a écrit l’ex-candidat à la présidentielle de 2012.

Donald Trump a indiqué, mardi matin, qu’il révélerait le nom de sa candidate dès samedi. « J’annoncerai ma candidate pour la Cour suprême samedi, à la Maison Blanche ! L’heure exacte reste à déterminer »a tweeté le milliardaire républicain. Donald Trump a indiqué, lundi soir, qu’il envisageait cinq magistrates présélectionnées en vue de remplacer Ruth Bader Ginsburg, la doyenne progressiste et féministe de la Cour morte vendredi à 87 ans des suites d’un cancer.

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Parmi les favorites figurent, en tête, Amy Coney Barrett, une catholique de 48 ans, ainsi qu’une magistrate d’origine cubaine née en Floride, Barbara Lagoa, 52 ans. Cette dernière est « excellente, elle est hispanique, c’est une femme formidable », a déclaré le président américain sur Fox News. « Nous aimons la Floride », a-t-il ajouté à propos de cet Etat qui devrait jouer un rôle-clé dans le résultat de la présidentielle.

« Je compte suivre la Constitution »

C’est le Sénat qui doit confirmer, à la majorité simple, les juges à la Cour suprême nommés à vie par le président. « La Constitution donne au président le pouvoir de nommer » ses candidats à la Cour suprême « et au Sénat l’autorité » de les confirmer à ces postes à vie, a souligné Mitt Romney. « En conséquence, je compte suivre la Constitution et les précédents en envisageant le candidat du président », a-t-il révélé dans un communiqué.

Les démocrates sont vent debout, arguant qu’il faudrait attendre l’élection du 3 novembre, qui opposera Donald Trump à Joe Biden, avant tout vote et, en cas de victoire de l’ancien vice-président de Barack Obama, attendre même sa prise de fonctions en janvier 2021. Mais le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a indiqué dès vendredi soir qu’il comptait organiser un vote pour remplacer « RBG ». Il a réitéré lundi que le Sénat voterait « cette année », sans préciser de calendrier. Il dispose d’une majorité de 53 sièges contre 47.

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Le Monde avec AFP

L’avocate Nathalie Roret choisie par Eric Dupond-Moretti pour diriger l’Ecole nationale de la magistrature

Pour la première fois de son histoire, l’Ecole nationale de la magistrature (ENM) ne sera pas dirigée par un magistrat. Le ministre de la justice, Eric Dupond-Moretti, a annoncé, lundi 21 septembre, avoir choisi une avocate, Nathalie Roret, l’actuelle vice-bâtonnière du barreau de Paris, pour diriger la prestigieuse école de Bordeaux. C’est également la première femme appelée à la tête de l’ENM, alors que les deux tiers des magistrats sont des femmes.

M. Dupond-Moretti sait bien que son geste ne sera pas interprété comme une volonté d’apaisement dans le contexte actuel. La tension entre le garde des sceaux et la magistrature a grimpé au cours des derniers jours autour de l’enquête disciplinaire demandée par le ministre contre trois magistrats du Parquet national financier dans l’affaire des fadettes. Vendredi, les deux principaux syndicats de magistrats avaient signé une lettre commune adressée au président de la République pour dénoncer dans cette procédure une « atteinte inédite à l’indépendance de la justice » et une « tentative de déstabilisation, menée dans le but de disqualifier le Parquet national financier ».

Pour l’heure, il est difficile de savoir si cette nomination de rupture a été décidée pour les symboles qu’elle véhicule ou si elle est annonciatrice de profonds changements dans la formation des magistrats. Elle constitue, en tout cas, un palier supplémentaire dans le rapport de force que le garde de sceaux, nommé le 6 juillet dans le gouvernement de Jean Castex, entend engager avec la magistrature.

Dans le cadre du bâtonnat qu’elle partage actuellement avec Olivier Cousi, Nathalie Roret, 56 ans, était chargée du barreau pénal. Début 2020, pendant la grève des avocats contre la réforme des retraites, elle a été en première ligne, avec le Conseil national des barreaux, dans les tentatives de dialogue avec le ministère de la justice.

L’ENM régulièrement critiquée par Eric Dupond-Moretti

Associée du bâtonnier Jean-René Farthouat jusqu’à la mort de celui-ci, en janvier, elle est depuis indépendante. Mme Roret s’était spécialisée en droit pénal des affaires, notamment en matière de responsabilité environnementale et sanitaire. Elle est, par ailleurs, spécialiste des modes alternatifs de règlement des différends, comme la médiation, une pratique que le ministère de la justice souhaite développer avec volontarisme depuis de nombreuses années.

« Je mesure l’honneur qui m’est fait, a réagi l’avocate sur son compte Twitter après l’annonce de sa nomination. Je le vis comme une mission majeure dans l’intérêt de la justice et des justiciables, qui permettra de renforcer le lien entre avocats et magistrats. » Il se trouve que, de part et d’autre de la barre, les deux professions de robe ont tendance depuis plusieurs années à s’accuser mutuellement d’une dégradation de leurs relations. L’encombrement des juridictions et les délais des procédures n’y sont forcément pas étrangers.

Avocat avant de devenir ministre de la justice, Eric Dupond-Moretti a toujours critiqué l’ENM, au point de plaider pour sa suppression pure et simple. Il a souvent dénoncé le corporatisme de la magistrature et notamment la proximité entre magistrats du siège et du parquet forgée dès l’école. « J’ai exprimé, depuis longtemps, l’idée que ce corporatisme, qui éloigne la justice des citoyens, prenait corps pour une part à l’Ecole nationale de la magistrature », a-t-il rappelé, lundi, lors de la conférence de presse convoquée pour cette occasion.

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Il estime en outre dangereux de devenir juge sans avoir exercé une autre profession auparavant. Selon lui, les avocats devraient, après avoir exercé plusieurs années, pouvoir devenir magistrats. Or, c’est déjà le cas. Aujourd’hui, plus de la moitié des personnes qui intègrent la magistrature ont déjà eu une autre vie professionnelle… le plus souvent comme avocat.

Plus grande ouverture de l’école

Dès son arrivée place Vendôme, le successeur de Nicole Belloubet avait affirmé qu’il n’aurait pas le temps de supprimer l’ENM d’ici la fin du quinquennat, mais qu’il ne renonçait pas à peser pour une plus grande ouverture de l’école sur la société. « L’ouverture, c’est d’abord rompre avec des traditions surannées, c’est rompre avec la tentation du vase clos et de l’entre-soi. C’est vouloir réfléchir et débattre autrement qu’entre pairs », a notamment justifié lundi le ministre de la justice.

« Ce qui nous pose difficulté, ce n’est pas le choix d’une avocate pour diriger l’ENM, ce sont les prétextes qui fondent cette nomination, réagit Céline Parisot, présidente de l’Union syndicale des magistrats, le syndicat majoritaire. Le ministre parle sans arrêt de corporatisme dans la magistrature, mais quand on est avocat et que l’on choisit de nommer une avocate… »

Au sein du Syndicat de la magistrature, aucune protestation n’émerge contre la nomination de Mme Roret. « L’école de la magistrature et la justice n’appartiennent pas aux magistrats, affirme Nils Monsarrat, secrétaire national. En revanche, dire aujourd’hui de la justice qu’elle est corporatiste et surannée est irresponsable », ajoute-t-il. Le magistrat s’inquiète d’une « stratégie à la Trump, qui consiste à jouer contre l’institution sans pour autant avoir de programme précis derrière ».

A la forme très inhabituelle choisie par le garde des sceaux pour annoncer une simple nomination, l’Ecole de la magistrature a répondu par un communiqué de presse. Une première, révélatrice du manque de confiance ambiant. Le communiqué prend acte de la nomination et rappelle tout ce que l’école a fait en matière d’ouverture vers la société civile, et les avocats en particulier. « Nous attendons de voir quel est le projet, s’il y en a un, évidemment », commente un membre de l’équipe de direction de l’école, qui demande l’anonymat.

Réforme des conditions d’accès à la magistrature

L’idée d’une plus grande ouverture de l’école vers les avocats ne correspond pas forcément au souhait exprimé par le président de la République, plutôt en faveur d’un rapprochement avec la haute fonction publique d’Etat. Le rapport commandé en 2019 par Emmanuel Macron au haut fonctionnaire Frédéric Thiriez a d’ailleurs fait des propositions en ce sens.

Lire : Réforme de la haute fonction publique : ce que contient le rapport de Frédéric Thiriez

M. Dupond-Moretti a expliqué qu’il reviendra à la directrice de déterminer les nouvelles orientations de l’ENM avec le conseil d’administration de l’école, présidé par Chantal Arens, première présidente de la Cour de cassation, et François Molins, procureur général. Olivier Leurent, le précédent directeur de l’école – qu’il a quittée pour présider depuis le 1er septembre le tribunal judiciaire de Marseille –, avait proposé à la mission Thiriez un nombre important d’évolutions dans la formation des futurs magistrats.

Une réforme des conditions d’accès à la magistrature est ainsi dans les cartons du gouvernement, notamment à la suite du rapport Thiriez. Leur simplification, en particulier pour les avocats, qui devaient prendre le risque d’abandonner une activité libérale pour se lancer dans un long processus de formation et de sélection aux critères parfois flous, est actée depuis longtemps dans ce projet.

Si M. Dupond-Moretti compte sur une possible loi organique en 2021 pour faire bouger d’autres curseurs dans l’accès à la magistrature, il n’en a encore rien dit. La logique eut été d’attendre que le projet pour l’ENM soit fixé avant de choisir la personne qui devra le mettre en œuvre. Mais l’école de Bordeaux ne pouvait attendre plus longtemps alors que l’un des deux postes de directeurs adjoints est aujourd’hui vacant.