Author: Richard ABITBOL

CONCOURS MISS FRANCE

Merci April BENAYOUM !

EDITORIAL

CONCOURS MISS FRANCE
Merci April BENAYOUM !

Le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme, le BNVCA, exprime toute sa gratitude à April Benayoum. Grâce à cette jeune femme qui a prononcé le simple mot  « israélien » Et en un instant, la France entière a pu prendre conscience de l’ampleur et de la violence de l’antisémitisme qui règne dans les quartiers, dans les réseaux sociaux, dans les campagnes, dans les villes, bref en France. Des faits que nous dénonçons depuis des années mais qui ne franchissaient pas le mur du regard compatissant. Même Finkielkraut insulté n’était pas parvenu à ce niveau. Il est vrai qu’il n’y a pas de comparaison entre l’Académie française et le Concours Miss France. Or les deux sont la France.

L’élection de Miss France a vu le couronnement de Miss Normandie, en qui la grâce et la beauté se rencontrent. Félicitations Miss Normandie !

Lorsque Miss Provence se présente, elle déclare que sa mère croate et son père italo-israélien Ausssitôt surgi le  problème: Israël, le mot hanté par des années de propagande mensongère surl’Etqt juif « état génocidaire, d’apartheid, colonialiste » et autres contre-vérités rencontrant un vrai succès, conformément à la formule de Goebbels, ce joyeux nazi « plus le mensonge est gros, plus il passe ». Donc, au moment où le mot israélien est prononcé, une plateforme, qui comptabilise les messages, enregistre un pic. En quelques minutes, 40 000 messages seront balancés sur les réseaux sociaux. De « tonton Hitler aurait dû exterminer Miss Provence » à « Elle ne sait pas qu’Israël n’existe pas, c’est la Palestine », nous avons tous les niveaux de l’abjection. Une sorte de compilation des poncifs de la haine antisioniste et antisémite, une démonstration en live qu’il s’agit bien des deux faces de la même haine, déferle sous les yeux hagards de la France encore éblouie par le spectacle de tant de beautés.

La dernière élection de Miss France

Au pays des Droits de l’homme, où certains voient dans l’élection de Miss France une réminiscence d’une France machiste et dépassée, la désignation à la vindicte populaire d’une candidate risque de signer la fin de l’élection Miss France. April Benayoum n’était plus une jeune femme française à la beauté tombée du ciel, mais une « sioniste » avec tous les attributs accolés à ce qualificatif.  Le racisme et l’antisémitisme s’affichent sur tous les réseaux sociaux : stigmatisation, rejet et le pire devient possible.  Miss Provence a fait l’objet d’un déferlement de haine, parce qu’il semble bien que nous soyons déjà entrés dans la France racialiste. Où chacun est déterminé biologiquement ou sexuellement avec un point de paroxysme : les juifs encore appelés « sionistes », associés à l’argent, à Israël et à toutes les contre-vérités d’une propagande haineuse omniprésente, des réseaux sociaux aux manifestations autorisées des Bds. Le citoyen disparaît, remplacé par des étiquettes dont la pire – au-delà de la haine du blanc, du policier, de la France laïque et démocratique – est celle de juif, qui devient l’épitaphe du citoyen français. De même que l’intervention de la police a finalement lors de la dernière manifestation, pu éviter que les casseurs ne saccagent une nouvelle fois Paris, grâce à un mouvement audacieux et déterminé. De même face à cette violence, il faut répondre sans faiblir.

Derrière les écrans, les racines du mal

Cachés derrière leurs écrans, les minables qui parlent de Tonton Hitler sont le fruit d’années de laisser-faire, de complaisance et de déni. Après la période où chaque juif bénéficiait naturellement de la protection due au cataclysme de la Shoah, après 1967 et les dégâts du  « peuple arrogant, dominateur et sûr de lui », il y eut l’Intifada au début des années 2000 avec selon la formule consacrée « l’importation du conflit ». N’avons-nous pas entendu dans les rues de Paris « la France est à nous » par des quasi illettrés avec keffieh hurlant leur haine à un Immortel ou « Egorgez les juifs » en arabe, sous protection policière et avec autorisation préfectorale. Pourtant cela ne changea rien : émotion, rassemblement, discours, tweet, Bds car on ne peut passer sous silence ceux dont le fonds de commerce est la haine d’Israël et donc des juifs, continue. La semaine dernière un affichage à Toulouse présentait une affiche sanglante avec le logo Puma, sponsor de l’équipe israélienne de foot, et la phrase Puma « sponsor officiel du colonisateur israélien ». Vingt ans de propagande mensongère tendant à délégitimer l’Etat d’Israël, le seul état juif, laissent des traces, surtout sur des esprits qui selon l’expression ont pour « code culturel » le rejet de tout ce qui est apparenté juif ou israélien. Les tergiversations autour de la définition de l’antisémitisme, qui, à ce jour en France, n’inclut toujours pas l’antisionisme également.

  Bien sûr le BNVCA a immédiatement déposé plainte.  Bien sûr, fort de soin observatoire contre la haine en ligne et avec l’aide de BTA nous identifierons les antisémites anonymes   Bien sur nous avons alerté les autorités qui ont réagi. Bien sûr comme d’habitude nous ne lâcherons rien 

A quand la fin de l’anonymat sur les réseaux sociaux

Il n’est pas de jour, sans qu’une nouvelle personnalité ne fasse l’objet de menaces de mort, hier Elisabeth Lévy sans parler des menaces de mort à l’encontre du Président Emmanuel Macron ou plus tôt, celles contre Nicolas Sarkozy, tous suspectés de liens avec les juifs. La fin de l’anonymat sur les réseaux quelles que soient les difficultés de mise en œuvre, ne doit plus attendre. Twitter, dont le siège se trouve à Los Angeles ne doit-il pas avant que la justice n’intervienne faire l’objet d’un retrait immédiat de ses utilisateurs et notamment de tous les politiques et journalistes ? Quant aux Dieudonnés et consorts pourvoyeurs de haine, même condamnés, ils continuent à diffuser leur venin et à se produire en public. Les délais de la justice se comptent en années, alors qu’un tweet ou un message ne prend que quelques secondes. Nous attendons avec impatience les mesures annoncées de comparution immédiate

J’ai moi même été recu en qualité de président du BNVCA par le Cabinet de la Ministre  Marlène Schapppia dans le cadre de la loi sur le séparatisme  pour lui  donner notre point de vue avec Maitre Baccouche 

Et dans la vraie vie

Enfin, si les réseaux sociaux sont la partie visible de l’iceberg de l’antisémitisme, combien de personnes vivent aujourd’hui terrorisées dans leurs appartements, victimes de harcèlement, d’insultes et de menaces. Bien sûr, dans les quartiers dits sensibles, mais aussi ailleurs de Neuilly/Seine à de charmants petites villes de province, des personnes se débattent dans l’angoisse sans recours autre que d’attendre, entre des murs suintant la peur tandis que les harceleurs continuent à déambuler et à rire. On ne peut que s’étonner, dans cette situation, que les institutions communautaires qui collectent en permanence, n’aient pas prévu un fonds de secours dédié à ces personnes pour les aider à se reloger. La pensée de Sarah Halimi ne doit-elle pas rester omniprésente et inciter non seulement à une vigilance extrême, mais aussi à prendre des mesures pour sortir ces personnes d’un environnement hostile? Pourquoi les enfants juifs ne peuvent-ils pas rester dans des écoles publiques dont les directeurs font le sinistre constat de ne pouvoir garantir leur sécurité ? Pourquoi les auteurs de l’agression d’Aubervilliers ont-ils été relâchés, bien que deux des quatre interpellés soient en situation illégale ? Quel est le suivi réel des fichés S, son efficacité ? Quelle est l’intégration prévue pour tous ceux qui arrivent avec des cultures si différentes, lorsqu’elles ne sont pas en opposition avec notre mode de vie, que ce soit en ce qui concerne les femmes ou les juifs ?  A l’issue de procédures trop longues, le BNVCA souhaite que, désormais,  les dommages et intérêts ne soient plus d’un euro symbolique mais prennent en compte que les auteurs des délits d’antisémitisme ou de négationnisme contribuent surtout à dédommager la Mémoire des six millions de victimes juives de la Shoah. Un euro oui, mais pour chaque victime soit six millions d’euros. Déraisonnable. Le déraisonnable n’est-il pas d’avoir laissé prospérer un virus dont le vaccin n’est toujours pas connu.

Finalement, lors de la dernière manifestation, l’intervention de la police a pu éviter, grâce à un mouvement audacieux et déterminé, que les casseurs ne saccagent une nouvelle fois Paris. De même face à cette violence, il faut répondre sans faiblir.

 

Générations “Antisémitisme”. Quel avenir ?

 

La mise en pleine lumière du visage hideux du racisme et de l’antisémitisme ne doit pas continuer à défigurer la France. Ne laissons pas la lumière de la France vaciller, trop de sang a été versé pour la raviver. La loi sur le renforcement des principes républicains doit pleinement se saisir de cette dimension.

L’antisémitisme, comme la Covid 19, est un virus qui ne peut être contenu que par la mobilisation et la responsabilisation de tous. Chaque centimètre perdu dans la lutte contre toutes les formes de violence met en péril la société française dont les juifs sont une partie intégrante et intégrée. .

 

 Le malaise des juifs de. France est réel et notre inquiétude s’accroît ; nous qui au BNVCA sommes à la fois la sentinelle et le combattant                 

Générations antisémitisme; c´est ainsi que l’histoire va qualifier les enfants juifs nés depuis 2000   Ils n’ont pas connu autre chose que devoir être prudents pour éviter d’être ciblés ,devoir enlever leur kippa,reser les murs quitter l’école publique ,cacher leur origine leur croyance et j’en passe    Ont ils encore un avenir dans cette vieille Europe et en France  J’en doute car la. France et l’Union européenne sont toujours,  passionnément amoureuses obsessionnelles d’une  Palestine hypothétique qui les conduit à mépriser la démocratie israélienne    Cette attitude portée jusqu’aux décisions iniques des instances internationales  est de nature à encourager les comportements hostiles à  Israël qui se manifestent sur réseaux sociaux  pour menacer et insulter une jeune fille au concours  de  Miss  France 2020 .  Nul doute que ce concours restera gravé  dans l’histoire de l’antisemitisme  en    France 

 

Sammy Ghozlan et Evelyne Gougenheim

Projet de loi sur le Séparatisme, Le BNVCA reçu au Ministère de l’Intérieur pour Consultation

 

Le BNVCA  invité par le Ministère de l’Intérieur pour une consultation sur le projet de loi sur le renforcement des principes républicains

 

 

Le BNVCA a été invité par le Ministère de l’Intérieur, plus précisément par le Cabinet de Mme Marlene Schiappa, Ministre déléguée auprès du Ministre de l’Intérieur chargée de la Citoyenneté afin de  participer aux consultations préalables au débat sur projet de loi initialement nommé sur le séparatisme et devenu projet de loi sur le renforcement des principes républicains.

Le Président du BNVCA Sammy Ghozlan et notre conseil Maître Charles Baccouche ont été reçus au Ministère de l’Intérieur le 1er décembre par Mr Sébastien  Jallet Préfet, directeur du Cabinet de madame Schiappa et Mr Le Conseiller Thomas URDY

 Au cours de l’entretien au cours duquel les autorités ont exposé les buts et les effets de ce projet de loi, Maître  Charles. Baccouche a évoqué les poursuites judiciaires engagées par le BNVCA contre les actions de. B D S incitatives à la haine d’Israel qui poussé à l’acte antijuif . Et Sammy. Ghozlan Président du BNVCA  a rappelé le long et incessant combat du BNVCA contre la haine qui se développe sur les réseaux sociaux, symptôme d’une démocratie malade Il a insisté sur la nécessité de mettre rapidement en place cette loi qui renforcera le principe  de laïcité et permettra de faire punir rapidement  par la justice les internautes  auteurs de haine et menaces .De même les 2 représentants du BNVCA ont exprimé leur conviction  que cette loi permettra de restaurer l’autorité de l’Etat notamment dans des secteurs où des éléments séparatistes , extrémistes , islamistes  voudraient imposer leurs lois religieuses à la place des lois de la République 

L’entretien s’est déroulé dans une atmosphère très instructive et très cordiale .

M. Sammy Ghozlan s’est engagé auprès de ses hôtes, à aider à la promotion de  ce projet de loi, et à faire en sorte  que le BNVCA dans son ensemble soutienne  cette loi importante et attendue.

 
 

 

 

“Nous l’attendions depuis tellement longtemps” : le judaïsme marocain désormais enseigné dans les manuels d’histoire

 

 

“Nous l’attendions depuis tellement longtemps” : le judaïsme marocain désormais enseigné dans les manuels d’histoire

 

Par Jassim Ahdani ( Article https://mobile.telquel.ma/2020/11/24/nous-lattendions-depuis-tellement-longtemps-le-judaisme-marocain-desormais-enseigne-dans-les-manuels-dhistoire_1702686 )

Le programme d’histoire dans les manuels scolaires a connu plusieurs nouveautés en cette rentrée. L’inclusion des découvertes paléoanthropologiques et des sites archéologiques majeurs dans le pays a notamment été saluée par l’opinion publique. Le ministère de l’Éducation nationale, chapeautant cette opération, a également intégré un chapitre sur le patrimoine juif marocain dans le récit historique des classes de CE2. Le chapitre en question propose trois focus essentiels sur l’affluent culturel juif dans la constitution marocaine, la visite du roi Mohammed VI au Musée de la mémoire juive Bayt Dakira à Essaouira et la présence juive plurimillénaire au Maroc.

          

         

  

 

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Israël espère un dernier train de sanctions américaines contre Téhéran

Mike Pompeo, le secrétaire d’État américain, va entamer une tournée au Proche-Orient avant le changement d’Administration aux États-Unis.

Donald Trump veut maintenir la pression sur l’Iran jusqu’au bout. Selon des indiscrétions en provenance d’Israël et de Washington, le président américain sortant a prévu une nouvelle série de sanctions contre le régime de Téhéran. Elle pourrait être rendue publique la semaine prochaine par Mike Pompeo. Le secrétaire d’État américain va effectuer un périple aux allures de tournée d’adieu au Proche-Orient avant le changement d’Administration aux États-Unis. Il se rendra notamment en Israël, mercredi, avant d’être reçu en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis (EAU) et au Qatar, soit des pays qui ont tous adressé peu ou prou des messages de félicitations au futur locataire de la Maison-Blanche après l’annonce de sa victoire. Il s’agira selon un communiqué du département d’État de discuter avec ses alliés régionaux «des efforts conjoints pour faire face au comportement malveillant de l’Iran».

Les sanctions ne seraient pas liées directement au dossier du nucléaire iranien. Elles puniraient Téhéran pour son programme de développement de missiles balistiques, ses violations des droits de l’homme et son soutien à des groupes «terroristes». Elles concerneraient des entreprises qui commercent avec Téhéran dans les secteurs de l’armement, de l’aviation ou des communications, mais aussi des individus et des entités iraniennes. L’Administration Trump souhaiterait ainsi marquer le premier anniversaire de la répression la plus violente en Iran depuis la révolution islamique de 1979. Quelque 1 500 manifestants avaient été tués, en novembre dernier, au cours de troubles provoqués à l’origine par une hausse du prix de l’essence.

«Pression maximale»

Des responsables impliquées dans le meurtre présumé de civils, des figures du gouvernement et des services de sécurité seraient visés. «Si c’est vrai, ce sera simplement révélateur du désespoir d’une Administration hostile», a réagi Alireza Miryousefi, porte-parole de la mission de l’Iran auprès des Nations unies à New York, dans un communiqué à Reuters.

La manœuvre du «canard boiteux» de la Maison-Blanche a pour objectif, selon les médias israéliens, de rendre plus difficile l’ouverture d’un dialogue entre le futur président américain et Téhéran, en enfermant Joe Biden dans un tissu profond de mesures coercitives qu’il aura du mal à annuler d’un simple trait de plume, si telle est sa volonté.

Lundi, lors d’une réunion avec des journalistes à Jérusalem, Elliot Abrams, le représentant spécial des États-Unis pour l’Iran, a estimé que «l’augmentation des sanctions fait partie d’une politique à long terme» pour contraindre le régime à engager des négociations globales pour un accord nucléaire plus strict. «Nous avons un programme à pression maximale… et cela continuera en novembre et décembre», a-t-il déclaré. Il a admis que le prochain président a le droit d’inverser la politique de son prédécesseur, mais qu’il aurait du mal à voir cela se produire sans un changement significatif dans le leadership iranien.

«Je ne pense pas que revenir au JCPAO (accord nucléaire avec l’Iran, NDLR) en 2021 soit une simple perspective», a-t-il dit. Une approche qui correspond à celle du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, qui a encouragé et soutenu Donald Trump dans son retrait de cet accord. Il va désormais devoir composer avec un président américain ne partageant pas toutes ses convictions. Selon Joe Biden, Donald Trump «a imprudemment jeté à la poubelle une politique qui travaillait à la sécurité de l’Amérique et l’a remplacée par une politique qui a aggravé la menace».

Source :© Israël espère un dernier train de sanctions américaines contre Téhéran

Arabie saoudite: attaque contre le cimetière non-musulman de Jeddah

Arabie saoudite: attaque contre le cimetière non-musulman de Jeddah

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Une grenade a été jetée lors d’une cérémonie commémorative du 11-Novembre à laquelle participaient des diplomates français, et occidentaux.

Douze jours après un attentat au couteau contre un garde du consulat de France à Jeddah, une nouvelle attaque a été perpétrée ce mercredi matin lors d’une cérémonie commémorative du 11-Novembre. Une grenade a été jetée par-dessus le mur du cimetière des non-musulmans de la ville portuaire située sur la mer Rouge, selon plusieurs sources contactées en Arabie saoudite par Le Figaro. Elle aurait fait 4 blessés dont un ressortissant grec et un italien, selon un diplomate européen, mais aucun Français. Des gardes saoudiens auraient également été touchés.

La France était-elle encore une fois visée ? « Il s’agit d’un acte isolé, la France n’est pas visée », affirme une source française à Riyad, la capitale. Une autre source diplomatique occidentale ajoute toutefois que c’est la France qui organisait la cérémonie commémorative du 11-Novembre.

« Le consul général de France, ceux d’Italie, de Grande-Bretagne, de Grèce et du Liban étaient présents à cette cérémonie, de même que les attachés de défense français et britannique », confie une source sécuritaire. Selon celle-ci, l’assaillant aurait été arrêté. «La France condamne fermement ce lâche attentat que rien ne saurait justifier», a réagi le Quai d’Orsay, en appelant les autorités saoudiennes «à faire toute la lumière» sur cet acte et en «identifier et poursuivre les auteurs».

L’attaque de ce mercredi semble bel et bien être un attentat. Il a pour théâtre une fois de plus Jeddah, la deuxième ville d’Arabie où l’ambiance est relativement plus libérale qu’ailleurs dans le pays. «C’est un triste jour», déclare un expatrié français en Arabie. Le 29 octobre au moment où la basilique de Nice était le théâtre d’un attentat meurtrier, un garde du consulat français de Jeddah était attaqué au couteau par un ressortissant saoudien. Celui-ci fut arrêté peu après par les autorités saoudiennes. Le garde avait été blessé, mais ses jours n’ont pas été mis en danger.

«Nous attendons une réaction de l’ambassade de France»

Les autorités du royaume, où règne un islam ultra-conservateur, ont condamné les attentats qui ont ensanglanté la France, ces dernières semaines. Mais dans le même temps, les autorités religieuses saoudiennes ont dénoncé les caricatures du prophète Mahomet publiées par l’hebdomadaire Charlie Hebdo.

À Jeddah, peu après l’attaque de ce mercredi, le consulat américain a publié un communiqué appelant ses ressortissants à observer la plus grande prudence. L’ambassade de France à Riyad observe le silence. « Nous attendons une réaction de l’ambassade de France », confie un diplomate d’un pays européen, contacté. L’Arabie Saoudite devait accueillir dans dix jours le sommet du G-20, mais en raison de la pandémie de la Covid-19, le rendez-vous annuel des grands de ce monde aura lieu en virtuel par visioconférence.

Après les propos d’Emmanuel Macron sur le « séparatisme islamiste » et son engagement à ne pas renoncer aux caricatures, des manifestations anti-français ont éclaté dans de nombreux pays musulmans et des appels à boycotter les produits français ont été lancés. Dans certains pays, le portrait du chef de l’État français a même été incendié.

Pour calmer les choses, Emmanuel Macron s’est livré à un exercice de pédagogie sur la chaîne de télévision qatarienne Al-Jazeera et dans le quotidien britannique Financial Times. Ces derniers jours, Jean-Yves Le Drian le ministre des Affaires étrangères, a effectué une tournée en Égypte et au Maroc pour tenter, là encore, de dissiper les malentendus, répétant que la France n’avait rien contre l’islam.

À voir aussi – Arabie Saoudite: un garde du consulat français de Jeddah blessé au couteau

 

Hommage national à Samuel Paty: L’entrée émouvante du cercueil sur “One” de U2 | Le HuffPost

Hommage national à Samuel Paty

L'entrée émouvante du cercueil sur "One" de U2 | Le HuffPost

Pour cette cérémonie d’hommage au professeur, sa famille avait choisi l’une de ses musiques préférées pour l’entrée de son cercueil dans la cour d’honneur de la Sorbonne.

HOMMAGE NATIONAL – “Un seul amour, un seul sang, une seule vie”. C’est sur les paroles de U2 que le cercueil de Samuel Paty est entré dans la cour d’honneur de la Sorbonne ce 21 octobre à 19h30 pour l’hommage national au professeur décapité vendredi derniercomme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessus.

La famille a choisi la musique “One” du groupe irlandais pour lui rendre hommage, une des musiques préférées du professeur d’histoire-géographie décapité le 16 octobre dernier.

Sortie en 1992, la musique parle d’amour, mais également d’unité et de rassemblement, un message fort après ce terrible drame. Elle aurait été écrite pour évoquer plusieurs actualités comme la lutte contre le Sida, la réunification de l’Allemagne ou encore la réconciliation du groupe.

Sur les dernières notes de musique, le cercueil a été posé au milieu de la cour. Un coussin rouge sur lequel se trouvait la Légion d’honneur y a été ajouté.

Source : © Hommage national à Samuel Paty: L’entrée émouvante du cercueil sur “One” de U2 | Le HuffPost

Barbara Lefebvre: «La République a laissé croire que l’islamisme était une opinion comme une autre»


FIGAROVOX/TRIBUNE – Il n’y a pas d’islamisme modéré, juge Barbara Lefebvre. Selon l’enseignante et essayiste, l’attentat contre Samuel Paty est le fruit de trente ans de mollesse et de tiédeur.

Barbara Lefebvre, enseignante et essayiste, est l’auteur de Génération j’ai le droit (éd. Albin Michel, 2018).


En quittant son collège ce vendredi après-midi, Samuel Paty était probablement soulagé d’être en vacances. Ces sept premières semaines de cours furent éprouvantes entre les contraintes des mesures sanitaires, puis début octobre la tourmente, à la suite des attaques venant d’un parent d’élève. Ce dernier trouva assistance auprès d’un islamiste pro-Hamas membre du Conseil des imams de France, du CCIF, de la mosquée de Pantin. Ensemble, ils lancèrent une campagne mensongère sur les réseaux sociaux qui s’apparente à une fatwa contre Samuel Paty.

Dans cette épreuve, Samuel Paty se sentait-il seul ou soutenu par ses collègues comme il se devait? Peut-être a-t-il pensé que les vacances apaiseraient les tensions pour qu’il retrouve avec enthousiasme ses élèves le 2 novembre. Il regagnait donc son domicile, à pied, en cette fin d’après-midi lorsqu’il quitta brutalement Conflans-Sainte-Honorine pour se retrouver plongé dans l’Algérie des années GIA, dans la Syrie de l’Etat Islamique, dans l’Afghanistan des Talibans, dans le Nigéria de Boko Haram, dans le Mali des Signataires par le sang.

Car, par éclipses régulières, voilà où tombe notre France d’aujourd’hui. En quelques instants, une vie, des vies, basculent dans un autre espace-temps: celui du jihad. L’effroi nous saisit, l’émotion nous envahit, des hommages sont organisés. Mais jusqu’à présent, aucun combat sérieux contre le cancer de l’islam politique n’a été engagé. Enfermés dans le déni ou l’indifférence, depuis Creil en 1989, nos dirigeants ont préconisé l’homéopathie, puis après 2015 les lois anti-terroristes relevèrent du traitement antibiotique, tout aussi inefficace pour traiter un cancer.

Il fallait une chimiothérapie, doublée d’une longue radiothérapie en raison des nombreuses métastases résultant de trente ans de déni. Aujourd’hui, où est le dirigeant qui oserait un traitement de choc de dernier recours, prêt à ébranler tout le corps social pour cibler une minorité tyrannique mortifère?

Il regagnait donc son domicile, à pied, en cette fin d’après-midi lorsqu’il quitta brutalement Conflans-Sainte-Honorine pour se retrouver plongé dans l’Algérie des années GIA

L’islam politique est «la maladie de l’islam» comme l’écrivait Abdelwahab Meddeb. L’islamisme est d’abord l’affaire des musulmans: à eux de s’en tenir à distance s’ils prétendent que leur foi est apolitique et pacifique. Aux musulmans de ne pas adopter les modes de vie, les codes vestimentaires, les pratiques dévotes, les idées racistes, antisémites, sexistes, des islamistes. Vivre dans une démocratie laïque comme la France est pour les musulmans une opportunité extraordinaire pour se distinguer des islamistes.

Hélas, en se ramollissant depuis quarante ans dans ses principes fondateurs, en tombant souvent dans le clientélisme politicien le plus vil, la République a laissé croire aux musulmans que l’islamisme était «une opinion comme une autre». Il y avait des «Talibans modérés», des «salafistes quiétistes», des femmes déguisées en fantômes ambulants transformées en parangons du combat féministe… Le relativisme du «pas d’amalgame» a rendu attractif la radicalité islamique pour une partie des musulmans de ce pays, par ailleurs nourris d’une rancune postcoloniale que des militants, soi-disant antiracistes, se chargent d’alimenter depuis deux décennies.

L’islam politique est aussi une maladie pour la majorité des Français qui ne sont pas musulmans. Les jihadistes transposent en actes les doctrines salafistes, fréristes et wahhabites et leur projet génocidaire, leur suprémacisme totalitaire. Rien d’étonnant qu’Hitler soit un modèle pour tant d’islamistes: depuis le Grand mufti de Jérusalem al-Husseini installé à Berlin pendant la guerre jusqu’au prédicateur al-Qaradawi protégé par le Qatar. Pour entraver ce totalitarisme, il faut agir en expulsant du territoire français les criminels et délinquants jihadistes et les idéologues qui sont leur carburant.

Expulser définitivement les islamistes étrangers et binationaux (qu’on peut déchoir de la nationalité française sans les rendre apatrides). Surveiller constamment les ressortissants français signalés, les sanctionner, notamment par la suspension de toutes aides sociales. En outre, une République qui protège devrait mieux veiller sur les milliers d’enfants vivant dans ces milieux éducatifs toxiques.

L’islamisme est d’abord l’affaire des musulmans : à eux de s’en tenir à distance s’ils prétendent que leur foi est apolitique et pacifique

N’étant pas membre du club des optimistes, je crains que le meurtre de Samuel Paty ne conduise pas aux mesures strictes qui s’imposent après trente ans de laisser-faire. L’émotion des hommages recouvrira encore notre colère. L’horreur de ce crime islamiste fera taire quelques instants les «oui, mais…», tant entendus après Charlie hebdo, et envers Mila. Si Samuel Paty n’était pas décédé mais que son conflit avec le parent d’élève avait été médiatisé, on imagine qu’un bateleur de la télé-caniveau aurait organisé un débat «oui-non» où ses chroniqueurs auraient éructé contre ce prof qui montre des caricatures et «offense des enfants musulmans». Comme ils avaient calomnié Mila, qui vit sous protection policière.

Samuel Paty n’a fait que son travail, appliquant le programme d’éducation civique. Il a œuvré pour élever les jeunes esprits qui lui étaient confiés en leur proposant de penser par eux-mêmes, probablement la plus difficile des attitudes intellectuelles dans notre monde de pensées toutes faites, de taxinomie intellectuelle pathologique. Il voulait leur rendre le monde moins binaire, moins obscurantiste. Les majorités pacifiques sont toujours renversées par des minorités ultraviolentes. L’immense majorité de ses élèves a compris sa démarche, ils se sont ouverts au débat démocratique.

Une infime minorité a opté pour le jihad: la parole mensongère d’une enfant relayée par des parents intégristes soutenus par un militant islamiste et diverses officines de même obédience, puis l’exécution par le jihadiste. Tout cela pour deux dessins. Des caricatures qu’il faut continuer à montrer aux élèves, en expliquer le sens politique. C’est un devoir pour Samuel Paty, pour les morts de Charlie. Un devoir pour que nous ne devenions pas tous des morts-vivants dans une France en sursis.


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Dans son discours ce matin sur le séparatisme, Emmanuel Macron a présenté le concept d’ “Islam des Lumières”. Croyez-vous à l’Islam des Lumières? On en débat sur le plateau de Points de Vue.

Georges Bensoussan : “La responsabilité d’une partie de la presse et de l’Éducation nationale est immense”

Georges Bensoussan : “La responsabilité d’une partie de la presse et de l’Éducation nationale est immense”

L’historien Georges Bensoussan coordonnait en 2002, sous le pseudonyme d’Emmanuel Brenner, l’ouvrage collectif “Les territoires perdus de la République”. La violence en milieu scolaire, la propagande islamiste, tout y était. Personne n’a tenu compte des faits rapportés qui ont au contraire fait l’objet d’une contestation massive. Lesquels ressurgissent plus que jamais à l’occasion de l’attentat terroriste contre Samuel Paty, ce vendredi 16 octobre.

Marianne : Votre enquête, publiée il y a dix-huit ans (Les territoires perdus de la République), rééditée au cours des deux décennies, suscite toujours le même dénigrement alors que les attentats se multiplient. Cette omerta a-t-elle conduit à la terreur ?

Georges Bensoussan : Nous nous sommes heurtés très tôt à un double silence. En premier lieu, celui du ministère de l’Éducation nationale qui avait refusé de répondre à nos questions sur la remontée des incidents en milieu scolaire. Là, pour le coup on pouvait parler d’une omerta dans ces milieux proches du PS de l’époque. En second lieu, et ici je nuancerai votre propos, lorsque le livre est sorti en octobre 2002, il n’a pas été « plébiscité par les lecteurs » tout simplement parce qu’il n’eut aucun écho médiatique à l’exception de quelques journalistes (dont Natacha Polony d’ailleurs) et d’Alain Finkielkraut qui d’emblée a défendu l’ouvrage et fut le seul à me donner la parole sur France Culture.

Ce mutisme a commencé à craquer lorsque la cellule scolaire de l’Élysée a pris connaissance du livre et nous a invités à plusieurs reprises à travailler avec elle, comme elle nous a fait auditionner, un collègue et moi-même, fin 2003, par la commission Stasi qui allait déboucher sur la loi sur les « signes religieux » à l’école. Enfin lorsque Jacques Chirac lui-même a utilisé l’expression « territoires perdus de la République », le silence, alors, n’était plus possible.

 
“Après la vague de sidération induite par ce drame, l’émotion s’apaisera après force discours et bombements de torse… jusqu’à la prochaine catastrophe.”

C’est alors qu’a commencé le dénigrement dans une partie de la presse (audio, vidéo, écrite), venu d’une bien-pensance moralisatrice, d’esprit profondément bourgeois et qui me paraît responsable, pour partie, de notre désastre présent. Les tueries à Charlie Hebdo, à l’Hyper Cacher, les massacres du Bataclan et de Nice n’ont guère entamé son pouvoir. Elle continue à dominer une grande partie de cette scène médiatique « mainstream » où l’essentiel est de parler pour ne pas dire. Le dénigrement passe par cette accusation majeure qui vous vaut mort sociale : le racisme. Et son corollaire qui vous fait suppôt de l’extrême droite et du RN. Avec le rappel au passage des « heures les plus sombres de notre histoire », ce qui a le mérite de vous camper sur l’heure en « résistant » d’une guerre imaginaire, d’une Guerre d’Espagne mythique, et d’un combat anticolonialiste jamais terminé. Bref, de vivre par fantasmes interposés, de grandes heures politiques auxquelles vous n’avez pas été mêlés parce que nés « trop tard »…

Après la vague de sidération induite par ce drame, l’émotion s’apaisera après force discours et bombements de torse… jusqu’à la prochaine catastrophe. Pourquoi ? Parce que cette déploration d’après-coup, pour légitime qu’elle soit, est terriblement inefficace. Nous ne sommes pas ici dans l’analyse qui dit et nomme.

Les enseignants, d’après vos contacts, signalaient-ils à leur hiérarchie les menaces dont ils étaient l’objet ? Ou non ? Comment leur solitude s’est-elle aggravée ? Quel est le faisceau des complicités ?

Pour comprendre comment les enseignants se sont retrouvés dans une certaine solitude, il faut connaître le fonctionnement pyramidal de l’Éducation nationale où, généralement, la prime et la promotion vont d’abord aux tièdes, à ceux qui à force de vouloir « nuancer le propos » finissent par le perdre de vue.

“Au même titre que les policiers, les travailleurs sociaux et le personnel médical hospitalier, les enseignants, depuis trente ans, se sont trouvés en première ligne pour affronter la situation d’une partie de l’immigration qui a apporté avec elle, ce qui est naturel, une autre vision du monde, un autre logiciel intellectuel, partant d’autres valeurs…”

Or, oui, des enseignants, nombreux, avaient signalé les incidents. Mais à force de ne pas être suivis, voire d’être considérés parfois comme les responsables premiers de la situation conflictuelle qu’ils dénonçaient, en bref d’avoir « provoqué » des élèves déjà par ailleurs « victimes de tant de discriminations » (autrement dit, d’être des « professeurs maladroits », ce qui revient à ramener un problème politique à une question de savoir-faire pédagogique), beaucoup ont fini par se taire. Il est vrai aussi qu’un chef d’établissement, soucieux de sa carrière, n’a pas intérêt à faire état d’une multiplication d’incidents. Le fonctionnement de l’Éducation nationale lui-même est en cause tant il nourrit le conformisme. Les enseignants courageux, ils sont légion, sont désarmés. Le combat étant par trop inégal, ils finissent par renoncer. Ils s’enferment alors parfois dans le ressentiment et plus encore dans une solitude nourrie fréquemment dans ce milieu par le règne d’une doxa synonyme du plus plat des conformismes.

Au même titre que les policiers, les travailleurs sociaux et le personnel médical hospitalier, les enseignants, depuis trente ans, se sont trouvés en première ligne pour affronter la situation d’une partie de l’immigration qui a apporté avec elle, ce qui est naturel, une autre vision du monde, un autre logiciel intellectuel, partant d’autres valeurs (qui peuvent aussi se perdre à la génération suivante comme dans toute immigration). Or, certaines de ces valeurs et de ces pratiques sont antinomiques de notre société fondée sur la révolution intellectuelle occidentale du XVIIe siècle (le sujet) et des Lumières.

Avec nos logiciels intellectuels anciens, nous n’étions pas armés pour affronter ce monde nouveau généré par l’explosion démographique contemporaine. Élève au collège au début des années soixante, j’apprenais en cours de géographie que nous étions 3 milliards d’êtres humains sur le globe ; aujourd’hui, 7,5 milliards. Un bouleversement dont l’expansion de l’islam est l’une des manifestations, une nouvelle religion sur la scène européenne, et en particulier française puisque la France accueille près de 25 % des musulmans d’Europe.

Venu de la gauche, vous rêviez d’une société fraternelle, rationnelle, émancipée. L’avons-nous définitivement perdue ? Comment se battre, la mort en face ?

La doxa a repris en chœur la notion d’« islam politique » alors que l’Islam, pris au sens littéral, demeure au premier chef un code juridique et politique (même s’il existe, minoritaire, un islam non politique, et même si l’islam connut maintes tentatives de réforme). Alors que l’islam est une praxis qui englobe la vie du croyant du matin au soir et du berceau à la tombe. Or, nous appliquons un même mot, religion, au christianisme et à l’islam en oubliant l’analyse de Marcel Gauchet (Le Désenchantement du monde, 1985) sur le christianisme, cette « religion de la sortie de la religion » quand l’islam, nous dit Gauchet, est « le dernier venu des monothéismes et se pense comme la clôture de l’invention monothéiste » (Le Monde, 21 novembre 2015).

“La doxa a repris en chœur la notion d’« islam politique » alors que l’Islam, pris au sens littéral, demeure au premier chef un code juridique et politique.”

C’est pourquoi, il faut continuer à interroger les spécialistes de la civilisation arabe et de l’Islam, comme en son temps l’agrégée d’arabe Anne-Marie Delcambre qui écrivait dans L’Islam des interdits (Desclée de Brouwer, 2003) : « L’intégrisme n’est pas la maladie de l’Islam. Il est l’intégralité de l’Islam. Il en est la lecture littérale, globale et totale de ses textes fondateurs. »

En France, ce processus de communautarisation, dont l’islamisme est une forme radicale, a abouti au Bataclan comme à d’autres scènes d’horreur jusqu’à celle de Conflans-Sainte-Honorine le 16 octobre 2020. Or, ce processus d’islamisation a été censuré et occulté. L’expression même sentait le soufre. Synonyme de ces fameux « dérapages » qui ruinent une carrière.

C’est pourquoi, la responsabilité de la doxa médiatico-culturelle est ici immense, à commencer par ces médias qui n’ouvrent généralement que sur un entre-soi culturel et social caractéristique de l’endogamie bourgeoise. Je vous donnerai un exemple récent de ce silence mortifère qui empêche d’entendre la situation présente et nourrit des réactions d’effarement quand survient ce qui s’est passé à Conflans. L’ouvrage Histoire de l’islamisation française 1979–2019, paru aux éditions de l’Artilleur en 2019, a été enterré par le silence à quelques exceptions près (Franz-Olivier Giesbert entre autres). Dans certaines librairies parisiennes par exemple, cet ouvrage comme tous ceux d’ailleurs de cette maison d’édition relevant de la « fachosphère » aux yeux de nos nouveaux « résistants », sont quasiment « indisponibles ».

Cette censure de la vie culturelle, ce rétrécissement du débat public, cette judiciarisation de la confrontation des idées, cette criminalisation des désaccords, enfin la timidité lâche à nommer l’adversaire ont conduit à ce manichéisme simplet des bons sentiments qui à beaucoup tient lieu de réflexion : bon/mauvais, juste/injuste, bien/mal, etc.

“L’étrange défaite” écrivait Marc Bloch en 1941 quand il tentait d’en analyser les soubassements. On pourrait dire la même chose aujourd’hui : comment en sommes-nous arrivés là ? Outre les milieux islamistes que l’on n’a pas su bloquer dès les années 1990, qui a permis l’emprise actuelle de l’islamisme dans cette partie de la jeunesse d’origine musulmane pour qui « la charia est supérieure aux lois de la République » ? Qui a laissé la peur envahir l’opinion dès que l’on aborde ces questions ?

Je vous livre un souvenir personnel relatif à ce totalitarisme de la bien pensance qui s’emploie à faire taire. En 2015, j’étais convoqué devant le Centre national des lettres qui accordait une petite subvention à la revue dont j’étais responsable au Mémorial de la Shoah. Certains intellectuels en effet, restés anonymes évidemment, s’étaient émus des mots que j’utilisais sur la quatrième de couverture d’un numéro de la revue qu’avec Yves Ternon et Claire Mouradian, nous avions consacré au centenaire du génocide des Arméniens. J’y avais parlé en effet d’un « islam conquérant ». Ces deux mots avaient fait bondir les chevaliers du Bien. Dignes « enfants de Vichy » comme le disait René Char en 1962 des ennemis de Camus, ces héros eurent tôt fait de me dénoncer au CNL. D’où la convocation.

“Les islamistes, dont la visée n’est pas seulement de se séparer de nous mais de détruire notre univers culturel, sont servis par le poids du nombre conjugué à la lâcheté des uns comme à la stupidité d’un certain « gauchisme culturel ».”

Après les assassinats perpétrés à Charlie Hebdo, en dépit des quatre millions de « Je suis Charlie » du 11 janvier 2015, plus personne ne s’est avisé de reproduire les caricatures, sauf Charlie Hebdo lui-même à l’ouverture du procès en septembre dernier. La pièce de Charb tirée de son texte sur les « escrocs de l’islamophobie » a été maintes fois déprogrammée, et je passe sur les interdits de parole de tel ou tel, sur les conférences annulées et les pièces de théâtre censurées. Les islamistes, dont la visée n’est pas seulement de se séparer de nous mais de détruire notre univers culturel, sont servis par le poids du nombre conjugué à la lâcheté des uns comme à la stupidité d’un certain « gauchisme culturel ».

D’un autre côté, par calcul économique égoïste, en quarante ans et depuis ses quartiers chics et protégés de Paris, la bourgeoisie d’affaires a aidé à constituer cette masse de manœuvre d’un prolétariat étranger à bas coût qui a tiré les salaires vers le bas et plongé dans le désarroi social et culturel les classes populaires françaises.

Alors, un combat définitivement perdu ?

Oui, si nous ne prenons pas la liberté de changer la loi, en particulier celles qui nourrissent les tribunaux et interdisent de parole au nom d’une lutte dévoyée contre « le racisme ». Qu’on s’entende : le racisme sous toutes ses formes doit être combattu, a fortiori quand il appelle à la ségrégation et à la violence. En revanche, la judiciarisation systématique de la confrontation d’idées comme c’est souvent le cas aujourd’hui ruine l’esprit démocratique du débat. Oui, le combat est perdu s’il n’y a pas réforme de certaines institutions publiques. Si nous n’imposons pas un véritable pluralisme des idées et des intellectuels dans les médias financés par l’argent public. Enfin, il n’y a de combat définitivement perdu que lorsque l’on renonce à se mettre en danger. Le chœur des pleureuses mobilisé après la décapitation de ce malheureux professeur d’histoire met un malaise. D’une part, parce que la déploration est un discours de vaincus. D’autre part, et surtout, parce que comme Bossuet l’exprimait magnifiquement dans ce sermon de 1662 : « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets des maux dont ils chérissent les causes. »

“L’ingrédient numéro un du combat, c’est le courage.”

Seul le manque de courage signe un combat perdu. Nommer l’adversaire est le premier pas dans la lutte à entreprendre même si je crains qu’en France, à l’instar d’autres situations historiques, la lâcheté demeure le parti dominant. C’est ainsi que depuis la tuerie de l’Hyper Cacher, on a condamné tous azimuts l’antisémitisme sans jamais nommer les antisémites. Je me souviens de cette belle enquête du journal Le Monde en novembre 2017 qui consacrait deux pages passionnantes à « l’antisémitisme des cités ». Mais au terme de cette lecture, on ne savait toujours rien des agresseurs. Parce qu’il ne fallait pas « alimenter l’extrême droite », le « fascisme rampant », concourir aux « idées nauséabondes » et « stigmatiser les musulmans ».

L’ingrédient numéro un du combat, c’est le courage. Qu’il vienne à manquer, et vous pourrez multiplier déclarations martiales, condamnations indignées, et discours beaux comme l’antique ( « la République n’admettra pas », « la barbarie ne passera pas », « toucher à un Juif (variante : à un enseignant, à un policier, etc…), c’est toucher à la France »), la défaite en rase campagne reste l’horizon promis au bout du chemin.

“S’attaquer à l’islamisme sans questionner une immigration mal intégrée (et non l’immigration en soi) relève d’une forme de tartufferie.”

Tant que la loi n’aura pas été modifiée, tant que la machine judiciaire s’appuiera sur des lois liberticides censées jadis nous protéger et qui dialectiquement, aujourd’hui, nous soumettent à l’essentialisme victimaire des « indigénistes » qui réduit l’individu à sa naissance et à sa couleur de peau, nous ne pourrons pas nous défendre. Tant que le débat public en France se fera à l’ombre de la 17e chambre correctionnelle (car c’est de cela que certains parents menaçaient l’enseignant décapité quelques jours plus tard), on pourra dire que les islamistes ont partie gagnée.

Mais s’attaquer à l’islamisme sans questionner une immigration mal intégrée (et non l’immigration en soi) relève d’une forme de tartufferie. Quand dans quelques catégories de population, par défaut d’intégration (mise à l’écart, manifestations de racisme), la frustration et le ressentiment social se sont enkystés, et avec eux le sentiment d’échec et d’humiliation, la « réislamisation » fonctionne comme une fierté retrouvée. Avec souvent, à la clé, hélas, la résurgence mais en plus violent, d’un antisémitisme culturel répandu.

En 1981, le PCF avait mis en garde contre les conséquences sociales et culturelles pour tous les travailleurs, français et immigrés, d’une immigration favorisée par le patronat. Vilipendé pour « racisme », il fut accablé par les diatribes de moralistes chevronnés, spécialistes es « tolérance » et qui ne partagent généralement pas les mêmes situations de vie (quid du taux de logement social en Seine-Saint-Denis, dans le XXe et le VIIe arrondissement de Paris ?).

“Quand dans quelques catégories de population, par défaut d’intégration (mise à l’écart, manifestations de racisme), la frustration et le ressentiment social se sont enkystés, et avec eux le sentiment d’échec et d’humiliation, la « réislamisation » fonctionne comme une fierté retrouvée.”

Les hommes ne sont pas des abstractions économiques, ou biologiques, des feuilles blanches, ce sont des êtres de parole et de culture qui se déplacent avec leur monde et leur imaginaire. Or, il arrive un moment où, par l’effet du nombre, cet imaginaire et ses valeurs entrent en contradiction avec les nôtres. C’est le choc des cultures dont parlait Hugues Lagrange il y a dix ans. Vilipendé aussitôt par la doxa du « gauchisme culturel ». Comme Paul Yonnet peu avant lui. Et tant d’autres condamnés à se taire à la fois par cet antiracisme dévoyé en outil terroriste, comme aussi par ce fameux « devoir de mémoire » qui, de « cause sacrée », est devenu ce que Pierre Nora appelait récemment (Le Débat, mai 2020) « une routine ».

Voilà quelques-uns des éléments du terreau générateur du drame passé et des drames à venir. Faisons du mot de Bossuet une règle de conduite : nous ne pouvons plus défendre ni certaines lois, ni certaines pratiques judiciaires, ni la censure médiatique sur argent public, ni une immigration qui nourrit par le désarroi et les difficultés réelles de l’intégration un extrémisme religieux vécu comme un refuge, une revanche et une compensation au malheur et aux déconvenues de l’exil.

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