Suite a la declaration grave et offensante du ministres français des affaires etrangeres mr Le Drian Chronique de Shmuel Trigano


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Le Président
Sammy GHOZLAN 
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Le “risque
d'apartheid”

Shmuel
Trigano

La mise en garde que le ministre des
affaires étrangères français a lancée à Israël  en lequel il voit une société menacée d'apartheid
marque un tournant. Le Quai d'Orsay , on le sait, dans l'ombre de la politique arabe
de De Gaulle, n'a jamais été très sympathique envers Israël, c'est le moins
qu'on puisse dire. Mais en faisant planer sur ce dernier le doute sur la
potentialité d'un régime d'apartheid, la France franchit un pas dans  l'adoption du discours  de la cause palestinienne et des tenants du
BDS, c'est à dire du boycott de tout ce qui est israélien, en vue de faire
d'Israël le pariah des nations. “Apartheid” a un sens précis: il
cible la supposée “inhumanité “des Israéliens (pensons aux enfants
mis en avant des victimes) et légitime le coup fatal que ses ennemis appellent
à lui donner, très moralement.

Toute cette machinerie idéologique, que
plusieurs chercheurs ont démontée, a commencé lors de la première conférence de
Durban. C'est le cœur de l'islamo-gauchisme occidental qui a fait des Palestiniens
le symbole des injustices dont l'Occident est accusé.

Mais la composition des manifestations qui
ont  défilé dans les villes occidentales
et les agressions antijuives dans plusieurs pays montrent bien  que c'est le djihad qui se joue auquel le Hamas
a formellement appelé. Et voir le représentant de la France l'adopter est éminemment
grave, entre autres pour ses retombées en France sur le plan de l'antisémitisme
islamique. Mais aussi sur le plan international.  Elle s'inscrit dans une politique
 caduque depuis les Accords d'Abraham.
Est-ce parce que la France en fut écartée par Trump  qu'elle tente une opéation de “rattrapage”,
de surenchère auprès d'une opinon arabe qui n'est plus ce qu'elle était?

Les manifestations anti-israéliennes se
sont surtout produites dans les Etats occidentaux plus que dans les pays
arabes. Elles ont touché des populations musulmanes, des émigrés palestiniens
et une poignée de gauchistes: elles n'ont pas concerné l'épaisseur des
sociétés.

 

Parler d'apartheid ,c'est quoiqu'il en soi
une falsification sur le plan des faits, qui témoigne d'une méconnaissance abyssale
de la réalité de la situation en Israel. Mettre en balance avec
l'apartheid  le mantra de la solution à
deux Etats, c'est se tromper d'époque: ce qui est en jeu ce n'est pas le
nationalisme, c'est la guerre sainte. La supposée solution à deux Etats exposerait
l'Etat d'Israel à une fragilité indéfendable entouré de populations hostiles, à
une situation qui ferait de lui un Etat coupé en deux par un passage entre la
Samarie et Gaza  qu'on ne pourra pas ne
pas aménager mais qui mettrait ses centres vitaux à portée des canons palestiniens:
Ramalla est à 15 km de Jérusalem, 30 de l'aéroport international, Gaza à 70 km
de Jerusalem, 70% des Jordaniens sont palestiniens, si l'on ajoute à celà
l'irrédentisme des  musulmans israéliens,
pourtant des citoyens,  on voit très bien
le scénario qui se tramerait… Hélàs! la France ne sera pas là pour sauver
Israël qu'elle aura engagé avec les puissances occidentales dans une impasse
fatale.

Le discours guerrier du chef du Hamas, pourtant
vaincu, hier même, montre très bien ce que sera “la solution à deux
Etats” et la profondeur du ressentiment palestinien. L'apartheid n'est pas
du côté d'Israël mais des islamistes, des Frères musulmans dont Gaza est le
seul territoire indépendant au monde, comme une annexe de l'Etat Islamique. Le destin
des Arabes chrétiens du monde musulman aujourd'hui, en voie de disparition est
un vivant témoignage de l'état des choses.

 

Et la France macronienne du  “en même temps” a-t-elle pensé que
l'accusation d'apartheid pèse aussi sur elle dans le monde musulman?  Les manifestations à son encontre dans un
pays lointain comme le Pakistan en témoignent. Les centaines de zones échappant
au pouvoir lui sont reprochées pour être des ghettos, des bantoustans. La
laïcité est accusée d'être une couverture de l'intolérance religieuse envers
l'islam. Les crimes contre l'humanité des temps coloniaux demandent
repentance…  Et qu'en est-il de son
intervention en Afrique saharienne, des éliminations ciblées, des
bombardements? Imagine-t-on un ministre quelconque d'une puissance étrangère mettre
en garde la France contre ces faits? Ces mensonges, c'est le discours le plus
courant des milieux que le ministre veut séduire.

 

* Chronique sur Radio J le jeudi 27 mai
2021