Fwd: Discours de Shimon Samuels à l’occasion du rassemblement “Justice pour Sarah Halimi” – Tel Aviv, 25 avril


66 rue Laugier 75017 PARIS

Le Président
Sammy GHOZLAN 
01 77 38 49 44
Manifestation organisée par Sammy Gholzlan BNVCA
à Tel Aviv
devant l'ambassade de France
2000 personnes
Présence de Shimon Samuels Dtr Centre Shimon Wisenthal


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JUSTICE  POUR  SARAH  HALIMI
Tel Aviv, 25 avril 2021
Discours de Shimon Samuels, Directeur des relations internationales du Centre Simon Wiesenthal
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Le rassemblement devant l'Ambassade de France

En 1980, je suis venu à Paris avec le grandiose objectif de juguler l’antisémitisme. Je n’avais pas mesuré l’ampleur de la tâche.

 

Le 3 octobre de cette année-là, c’était la veille de Souccot (la fête des Tabernacles), je rendais visite à une journaliste israélienne, Tamar Golan. Elle accueillait chez elle Aliza Shagrir, l’épouse de feu le cinéaste Micha Shagrir. Aliza venait d’arriver d’Israël. Elle a demandé à son hôtesse si elle avait besoin de quelque chose pour le dîner. Tamar a suggéré quelques dattes, qu’elle pouvait se procurer chez un marchand de fruits à 300 mètres de là, en face de la synagogue Copernic. Nous sommes descendus dans la rue ensemble. Aliza a tourné rue Copernic, moi j’ai continué mon chemin tout droit. J’ai senti la déflagration de la bombe qui a tué Aliza.

 

Le lendemain, le Premier ministre Raymond Barre avait déclaré : « Cet attentat odieux qui voulait frapper les Israélites qui se rendaient à la synagogue et qui a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic. » En fait, l’une des victimes était un concierge portugais, une autre un fidèle de la synagogue, la troisième Aliza, la dernière un « Français innocent ».

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Shimon Samuels s'adressant aux nombreux manifestants

 

L’attaque terroriste de la synagogue Copernic a marqué le début de 73 fusillades et attentats à la bombe contre des cibles juives en Europe occidentale, dont 29 en France.

 

Cette vague de violence s’est achevée avec le massacre du restaurant Goldenberg, rue des Rosiers à Paris. Deux des trois meurtriers vivent depuis en Cisjordanie, le troisième en Norvège. Le Centre Wiesenthal avait demandé au Premier ministre de Norvège, Erna Solberg, l’extradition de ce dernier vers Paris pour qu’il y soit jugé. A l’heure actuelle nous ne sommes pas sûrs de l’état d’avancement du processus judiciaire. 

 

Pourquoi cette vague de terreur s’est-elle achevée en 1982 ?

 

En août de cette année-là, l’incursion d’Israël dans le sud du Liban pour détruire les camps d’entraînement des terroristes palestiniens a fait fuir les terroristes venus d’Europe, qui sont retournés chez eux. Comme ils avaient besoin d’argent, ils ont arrêté de cibler des Juifs pour s’attaquer à des banques et à des ambassades. Les autorités les ont réprimés. En France Action directe, en Italie les Brigades rouges et en Allemagne la bande à Baader ont été incarcérés.

 

Comme l’aurait dit Simon Wiesenthal, « Ce qui commence avec les Juifs ne finit jamais avec eux ».

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Shimon Samuels interviewé par la télévision israélienne i24TV

 

En novembre 2010, j’étais parti à Ottawa pour assister à la Coalition interparlementaire de lutte contre l’antisémitisme. Un suspect de l’attentat de Copernic, Hassan Diab, professeur de sociologie à l’université Carleton, se trouvait en procédure judiciaire à quelque six pâtés de maisons de là, pour une demande d’extradition qui devait le renvoyer à Paris. Le tribunal était rempli, principalement de femmes en hijabs et d’hommes en keffiehs… L’ambiance était plus celle d’un procès contre Israël.

 

Nous avons suivi cette longue procédure – qui, entre démocraties, dure normalement quelques semaines –, jusqu’à ce que Diab soit ramené en France, en 2014… En 2018, il a été remis en liberté : la Cour française a rejeté toutes les accusations, malgré une procédure d’appel.

 

Son passeport aurait été confisqué et il faisait l’objet d’une ordonnance d’interdiction de vol. Pourtant, sa disparition a pris fin lorsque des photos de lui avec sa famille à Ottawa ont été divulguées. Ceux qui devaient être au courant de son évasion, lorsqu’ils ont été approchés par notre Centre, se sont refusés à tout commentaire.

 

Résultat : après 41 ans d’attente, les familles des victimes et les blessés de Copernic ne peuvent toujours pas faire leur deuil. « Justice différée équivaut clairement à justice refusée. »

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Shimon et Graciela Samuels rencontrent l'Ambassadeur de France, Eric Danon, après la manifestation

 

La jurisprudence israélienne prévoit la « juridiction universelle ».

 

Cette procédure n’a été utilisée qu’une seule fois : en 1961, pour le procès Eichmann.

 

Dans les procédures où la violence antisémite est traitée de manière inadéquate – comme c’est le cas dans l’affaire Sarah Halimi –, nous étudions la possibilité que l’État d’Israël demande l’extradition des prévenus pour que les procès se déroulent à Jérusalem.

 

Cela pourrait être le début d’un nouveau mouvement : « Jewish Lives Matter » (JLM), « Les vies juives comptent ».

 

Merci.

Shimon Samuels

Pour contacter Shimon Samuels, écrivez à : [email protected]

Pour plus d'infos, visitez notre site : www.wiesenthal-europe.com